Séquestration de Kamto : Voici pourquoi Macron promet une nouvelle humiliation à Biya

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En ce qui concerne le Cameroun, Emmanuel Macron ne respecte pas Paul Biya. Après que Macron ait annoncé au dernier Salon de l’agriculture de Paris qu’il appellerait le président camerounais au téléphone pour lui donner des ordres, il vient d’annoncer qu’il ferait de nouveau pression sur Piya. Il a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Le conflit se poursuit dans les régions anglophones du Cameroun et l’opposition est régulièrement réprimée – Maurice Kamto en est en particulier le plus touché. Il y a un an, vous aviez dit vouloir « mettre le maximum de pression sur Paul Biya ». Que peut faire la France?

Et je l’ai fait parce que je vous rappelle que le président Biya n’est pas venu en France en visite officielle depuis longtemps. Nous avions eu des contacts par téléphone, mais je lui avais demandé des gestes de confiance avant son arrivée à Lyon en octobre 2019. Il les avait réalisés il y a un an avec un certain nombre de publications.

« J’invite le président BIYA à prendre des mesures d’ouverture. »

La situation est à nouveau tendue et j’exhorte le président Biya à faire des gestes d’ouverture. Lui aussi doit se préparer au renouveau et pacifier son pays, d’autant plus qu’il a un autre défi beaucoup plus grand: celui de l’avancée de Boko Haram. Il doit impliquer le plus possible son pays dans la lutte contre le terrorisme aux côtés du Nigéria, et notamment du Tchad, qui porte une grande partie du fardeau, parfois seul.

Alpha Condé, Alassane Ouattara… Les amendements constitutionnels qui permettent de supprimer le nombre de mandats de chefs d’État se multiplient. Que dites-vous à vos collègues qui utilisent ces changements pour rester au pouvoir?

La France n’a pas à donner de cours. Notre travail consiste à répondre à l’intérêt et à la force du modèle démocratique dans un continent de plus en plus jeune. L’Afrique a intérêt à élaborer les règles, les voies et les moyens de réunions démocratiques régulières et transparentes.

Le changement permet de respirer. C’est aussi le meilleur moyen de permettre l’inclusion dans la vie politique et de lutter contre la corruption qui est la contrepartie d’un maintien trop long du pouvoir. Ce ne sont pas des leçons, c’est du bon sens.

LA SITUATION GUINÉE EST GRAVE POUR SA JEUNESSE, POUR SA VITALITÉ DÉMOCRATIQUE

Après cela, je ne peux pas dire: « La constitution doit prévoir un mandat x ou y ». Je me souviens que même il y a douze ans, la France avait des termes illimités dans sa constitution.

Mais en France, les règles du jeu sur la route du pouvoir n’ont pas changé …

Correctement. Pour revenir aux deux cas particuliers que vous avez mentionnés, permettez-moi de vous dire franchement ce que je pense. Je ne place pas les cas de la Guinée et de la Côte d’Ivoire dans la même catégorie.

J’ai eu plusieurs conversations avec le président Alpha Condé – des conversations très franches, y compris le 15 août 2019 alors qu’il était en France. Le président Condé a eu une carrière d’adversaire qui aurait justifié de faire lui-même un bon coup. Et de toute évidence, il organisait un référendum et un amendement constitutionnel pour garder le pouvoir. C’est pourquoi je ne lui ai pas encore envoyé de lettre de félicitations. Je pense que la situation en Guinée est grave, pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour ses progrès.

En quoi la récente réélection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat différerait-elle, en partie grâce à un amendement à la constitution?

Le président Ouattara a clairement indiqué en mars qu’il ne remplirait pas un troisième mandat. Je l’ai immédiatement salué. Un candidat a été désigné pour lui succéder: le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. A quelques semaines de la date limite, il s’est cependant retrouvé dans une situation exceptionnelle avec le décès de ce dernier. Je peux honnêtement vous dire qu’il ne voulait pas se présenter pour un troisième mandat.

Je pense vraiment qu’ALASSANE OUATTARA a été présenté par HOMEWORK

Avez-vous essayé de l’en dissuader?

Nous avons eu une discussion très ouverte en septembre lorsqu’il est venu ici. Tout le monde a pris bonne note de cette longue entrevue individuelle que nous avons eue. Je lui ai dit ce que je pensais et entendu ses arguments et sa préoccupation pour la stabilité du pays. Il considérait qu’il était de son devoir de partir et qu’il ne pouvait pas reporter l’élection.

Nous avons continué à discuter pendant la campagne, puis le soir du premier tour, et plus récemment le 14 novembre. Il est désormais de sa responsabilité d’œuvrer pour la réconciliation, d’agir jusqu’aux élections législatives pour pacifier son pays. Il est pleinement conscient des tensions actuelles qui ont causé la mort de plus de 80 personnes.

Il doit également réussir à se réconcilier avec les grandes personnalités de la politique ivoirienne. Les initiatives relatives à Henri Konan Bédié sont à cet égard aussi importantes que les gestes adressés à Laurent Gbagbo. Mais quoi qu’il arrive, il faudra encourager le renouvellement des générations.

REF: www.camerounweb.com

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