Succession de gré à gré : les « Réformateurs », le cheval de Troie de Franck Biya ?

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Présenté par de nombreux observateurs comme le cheval de Troie d’Emmanuel Franck Biya, le mouvement réformateur ignore la question et propose sa feuille de route dans la perspective des prochaines échéances électorales.

Ils sont discrets, mais leur activisme est perceptible. Dans un contexte marqué par le débat sur l’alternance au sommet de l’État et la lutte pour le positionnement à la fois dans l’espace socio-politique et dans les sphères du pouvoir, le Mouvement des Réformateurs défonce le vaste territoire. Patiemment, mais avec une certaine efficacité. Aucune région n’échappe à cette formation politique qui recrute parmi les meilleurs leaders politiques et leaders d’opinion locaux. Dernière réalisation, le Mouvement, sorti d’une relative hibernation, a réussi à se positionner dans les huit départements de la région de l’Ouest. Une opération qui marque la fin d’un voyage commencé il y a deux ans dans les dix régions du Cameroun.

La scène de Bafoussam est loin d’être un hasard, mais l’aboutissement d’une longue conquête. Une opération de charme et de raison menée dans un espace marqué par la désagrégation des partis politiques traditionnels et le rejet d’un large cercle de militants et sympathisants à une offre sociale et politique fragilisée sous les coups des tripes belliqueuses et du désenchantement. La percée perceptible du mouvement réformateur s’opère également dans un contexte où le leadership local fait l’objet d’un quasi rejet parmi les masses jusque-là attirées par les discours communautaires. Des offres qui ne résistent pas à la détermination des masses à prendre la parole. Surtout, la longue attente d’une amélioration des conditions de vie qui a souvent été évoquée par les militants et sympathisants d’hier.

Stigmate

Du coup et loin du bruit populaire et des médias, Samuel Billong et ses camarades avancent sur une quasi friche. Le président du mouvement réformateur n’élève pas la voix pour le dire. Il n’en demeure pas moins que l’ingénieur civil sait qu’un certain repos est nécessaire pour atteindre son objectif. Lui qui ne manque pas de prétendre que « la région de l’Ouest est au cœur de notre projet de réforme d’unité, de liberté et de modernisation du pays ». Le leader du mouvement d’embuscade sait jouer dans les cordes de son public et touche les cordes sensibles. Le président du mouvement réformateur souligne avec beaucoup d’insistance que « la région de l’Ouest sans doute, en raison de la stigmatisation qu’elle a subie de la part du colon et des dirigeants encore en poste, est ce que les réformateurs auront à apporter. Preuve de leur volonté d’intégration nationale qui va au-delà des lignes de démarcation souvent artificielles. Certainement l’un des ingrédients les plus efficaces du mouvement de réforme, qui gagne depuis longtemps des partisans à travers le pays, est sa capacité à unir les masses autour de la responsabilité des élites locales.

Des élites qui, selon le mouvement, « ont été incapables de se développer, de créer de la richesse et de la répartir équitablement parmi la population ». Tout comme le parti souligne « l’incapacité » du pouvoir existant à mettre en œuvre l’intégration nationale. « Le pouvoir actuel a abandonné le projet d’intégration nationale pour promouvoir la stigmatisation et la division des Camerounais au niveau constitutionnel avec le classement des Camerounais en autochtones et non autochtones. Un dispositif qui dénonce le mouvement de réforme dans la loi instituant le code général des collectivités territoriales décentralisées.

Une touche de Franckisten

Après plus d’une décennie d’hibernation, le Mouvement réformateur sait que son retour sur le devant de la scène fait l’objet de nombreuses interrogations. Plus lancinante est la question liée à la proximité du mouvement civique de Francken. C’est parce que le retour en scène du mouvement réformateur qui a participé aux élections présidentielles de 2011 et les soupçons d’accession au pouvoir du fils du président de la République, Emmanuel Franck Emmanuel Biya, font parler. Le président du Mouvement réformateur s’emploie à évoquer cette question. Samuel Billong et ses camarades préfèrent rejeter leur projet social. La feuille de route du mouvement réformateur souligne a priori la volonté du parti de « promouvoir un dialogue républicain entre les hommes et les partis dans l’espace politique camerounais ». Un dialogue soutient le président national du mouvement de réforme qui promeut l’usage du bilinguisme dans les espaces publics, la restauration des valeurs républicaines, la promotion de l’esprit critique et la restauration de la solidarité nationale dans les secteurs de la santé et de l’alimentation, l’éducation, l’accès à l’emploi, la construction de millions de logements sociaux et l’urbanisation de tous les lieux au Cameroun. Lorsque les « réformateurs » appellent au rétablissement de la démocratie par l’indépendance des différents pouvoirs et la saine pratique du suffrage universel et pluraliste, le parti qui ne nie ni ne déclare son appartenance au mouvement bourgeois des franckistes promeut la diversité régionale à la tête de Etat. De même qu’il plaide pour que « le gouvernement rende des comptes au parlement et étende les pouvoirs du chef du gouvernement ».

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