Yaoundé : un policier poursuivi pour le meurtre d’un « Benskineur » centrafricain

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Le casque bleu est accusé d’avoir tué un jeune homme et blessé grièvement son frère avec une arme de service. L’homme en uniforme nie les faits, expliquant qu’il s’agit d’un accident survenu alors qu’il venait en aide à une dame victime d’un vol.

Sylquaine Obiang Obiang, le Casque bleu de 2e classe incarcéré à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui et poursuivi pour meurtre et blessures graves, n’a pas terminé son témoignage lors de l’audience pénale du Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi du 3 septembre 2021 Elle a été interrompue par un incident au cours de l’audience.

Il s’agit de l’explosion d’une bouteille de vin de palme consommée par les détenus de la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, provoquant la panique dans la salle d’audience. L’odeur d’alcool et le bruit provoqué par ce malheureux incident ont contraint le jury dirigé par Mme Bidias à reporter l’audition de la plupart des affaires prévues ce jour-là au 1er octobre 2021.

Avant que l’incident ne soit critiqué, l’enquête sur l’affaire Obiang Obiang Sylquaine avait déjà progressé. Présentant les faits au milieu du procès, le procureur a expliqué que le décor est planté le 24 juin 2021 dans le quartier Mvan à Yaoundé. Lors d’une altercation, le suspect a causé la mort de Yaya Mamadou et grièvement blessé son frère Bello Mouaman Sani à l’aide de son arme à feu de service.

Lors de l’enquête ouverte sur cette affaire, le rescapé Bello Mouaman Sani a indiqué que le 24 juin 2018, au carrefour de Santa Lucia, lui et son frère ont décidé de faire remorquer leur moto cassée à bord d’un gréement. C’est alors que le policier est apparu en compagnie d’une dame, qui cherchait les voleurs dans son sac.

Bien que la plaignante n’ait pas formellement identifié les deux frères comme ses ravisseurs, M. Obiang Obiang Sylquaine leur a demandé, qui n’avaient que des cartes d’identité scolaires, de montrer leur carte nationale d’identité (CNI) et leurs papiers de moto.

À cause de cette insistance, une altercation s’ensuivit. Le policier de garde armé d’une arme à feu a tué Yaya Mamadou en lui tirant une balle dans la poitrine. Il a également tiré une deuxième balle qui a touché Bello Mouaman Sani, paralysant les deux jambes.

Le représentant du ministère public, qui a indiqué que l’accusé a toujours nié les faits de meurtre et de blessures graves dont il était victime, a présenté des éléments de preuve au tribunal à l’appui de l’accusation. Lesdits documents ont été versés au dossier à titre de preuve, malgré les objections de l’avocat de l’accusé, qui les a qualifiés de « simples photocopies » certifiées par un officier de police judiciaire plutôt que par une autorité hospitalière.

Vol d’un sac…

Pour sa défense, Sylquaine Obiang Obiang a nié les charges retenues contre lui en présence du commissaire divisionnaire Jean Serge Abessolo, représentant de la délégation générale à la sûreté nationale. Il a expliqué que le 24 juin 2021, M. Mbarga Nguele Martin, délégué général à la sûreté nationale (DGSN), qui se trouvait à Mbalmayo, rejoindrait Yaoundé.

Il a donc fallu prendre des mesures de sécurité pour son retour. Il s’agissait, a-t-il dit, de déployer des éléments dans les différents points stratégiques employés par le commissariat de l’intersection de Mvan. Il a déclaré avoir été en contact téléphonique constant avec le chef de poste qui l’a informé du déroulement du cortège de la DGSN.

Par exemple, une femme s’est présentée au commissariat qui a affirmé être victime du vol de son sac. Elle a dit qu’elle avait trouvé les bandits transportant une moto avec un pneu crevé. « J’ai trouvé une moto avec une roue à plat dans la galerie des véhicules d’une agence de voyages à Mvan.

J’ai demandé au conducteur dudit véhicule de se rendre au commissariat pour examiner la moto qu’il transportait. Il dit qu’un passager qui a désobéi à ses ordres s’est immédiatement levé de son siège pour décharger la machine contestée et tenter de la charger sur une autre moto avec l’aide de son frère.

Tout au long de son rapport, l’officier a déclaré qu’en essayant de persuader le passager rebelle de ne plus toucher à la moto contestée, une personne a tiré le coup fatal en sautant sur le canon de son arme. Face à cette confusion devenue une menace pour lui, Sylquaine Obiang Obiang aurait tiré un coup de feu pour percer les roues de la moto qu’il poursuivait.

« Je ne voulais pas blesser ce jeune homme que je ne connaissais pas. A part ce tir qui l’a touché à la jambe, j’en ai fait d’autres en l’air pour décourager la foule ». En venant en aide à la demoiselle en détresse, selon le policier, il a rempli sa mission de protéger les personnes et leurs biens.

En réponse aux questions du procureur, le policier a indiqué avoir utilisé l’arme sans l’autorisation du chef de poste car il était absent et faisait face à une situation d’urgence. « Le chef de poste a été empêché d’assister, tout comme le chef de brigade. J’étais seul chargé de prendre une décision », a-t-il déclaré avant d’être interrompu par l’explosion de la bouteille de vin de palme, semant la confusion dans la salle d’audience. .

La suite de la procédure est prévue pour le 1er octobre 2021, date de la prochaine audience. Comme on l’a déjà noté, ce non-lieu est le résultat d’un incident qui a une nouvelle fois mis en lumière le climat d’insécurité dans certaines salles d’audience en raison du laxisme ou de la complicité de certains gardiens de prison à autoriser l’usage de drogues, d’alcool et d’autres produits dangereux par les détenus.

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