Dette nationale camerounaise : la vérité des chiffres

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Au 31 décembre 2020, l’encours de la dette publique du Cameroun s’élevait à 10 334 milliards de francs CFA, soit 6 736 milliards de dette extérieure (71,78 %) et 2 647 milliards de dette intérieure (28,21 %).

C’est du moins ce que révèle le Fonds d’amortissement autonome (Caa) dans un mémorandum intitulé « Portefeuille de la dette souveraine du Cameroun au 3 décembre 2020 et durabilité en 2030 ». En effet, une augmentation de 5,3% par rapport à 2019, soit 578 milliards de FCFA, est détenue par les créanciers bilatéraux pour un montant de 3 069 milliards de FCFA, soit 45,56 % et une dette multilatérale de 2 754 milliards de FCFA, soit 40,88%, soit une hausse de 17,3% par rapport à 2019 et dette commerciale estimée à 913 milliards (-6,07%). Les principaux partenaires financiers à cet égard sont le Groupe de la Banque mondiale qui arrive en tête avec 1 029,2 milliards à travers ses guichets de l’Association internationale de développement (Ida) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird).

Viennent ensuite le groupe Banque africaine de développement avec 825,7 milliards décaissés via ses guichets Banque africaine de développement (Bad) et Fonds africain de développement (FAD), puis le Fonds monétaire international (Fini) avec 545,5 milliards et la Banque islamique de développement (Pray) qui 206,9 milliards de francs CFA.

Malgré une tendance à la hausse Au cours de la période 2020, 14 pays ont apporté un soutien financier à la politique de développement du Cameroun. La Chine est restée le premier donateur du pays avec 61,75 % de la dette bilatérale du Cameroun en 2020. La dette du Cameroun envers ce pays est estimée à 1 895,4 milliards, principalement adressée à Eximbank of China, qui en détient 1 892,3 milliards.

Elle est suivie par la France avec 874,7 milliards, la Turquie avec 91,1 milliards, le Japon avec 50 milliards, l’Inde avec 45,8 milliards, la Corée du Sud avec 33,9 milliards et la Norvège avec 0,6 milliard de francs CFA. A noter qu’à fin 2020, le Cameroun est endetté auprès de près de 37 partenaires étrangers dont les plus importants sont la Banque mondiale et la Chine. Malgré cela, l’encours de la dette publique du Cameroun continue d’augmenter avec une hausse de 5,6% par rapport à fin 2019. Mais la question qui se pose est de savoir qui paiera la dette nationale ?

En effet, ce n’est donc pas le coût réel de la dette pour l’État qui est payé pour l’amortissement de son capital emprunté, mais le montant des intérêts qu’il doit payer annuellement à ses créanciers. Et la question à se poser : ces coûts sont-ils tolérables pour la collectivité sur le long terme et sinon, peut-on s’en débarrasser et comment ? Dans le cas où le coût de la dette nationale serait très insupportable, personne n’aurait vraiment à le payer.

En réalité, personne ne peut dire à ce stade quelle sera l’accumulation de la dette publique, ni à partir de quel seuil (12,0%, 150 % 200 % du PIB ?). Une chose est sûre, ils inspireront une telle méfiance que même la perspective d’un repreneur en dernier ressort ne serait plus rassurante.

Quatre solutions possibles
La première consiste en un rejet d’une partie de cette dette publique, une option que le Tyrol ne semble utiliser que pour mieux l’effacer : l’opération est jugée « délicate » car elle ternirait durablement la réputation des États qui la résoudraient. Ils ne pourraient pas emprunter plus rapidement, ils seraient donc contraints d’équilibrer leur budget immédiatement, ce qui ne créerait un choc de demande négatif que si l’économie n’en a pas vraiment besoin. La deuxième solution consiste à augmenter les impôts et à réduire les dépenses pour freiner le nouveau besoin d’endettement.

Selon Bruno Le Maire, qui se satisfait de l’austérité « à long terme » : « à long terme il faut avoir des finances publiques saines et réduire la dette ». Le troisième est une mutualisation d’une partie de la dette publique au sein de la zone euro : les fameux « corona bonds », qui ont été rejetés par les pays du nord quelques jours après la publication de l’article du Tirole. L’idée n’était pourtant pas mauvaise, si la hausse des taux d’intérêt touchait un nombre limité d’États, qui auraient pu bénéficier de la confiance accrue dans la dette publique moyenne.

Cela n’aiderait pas vraiment si la méfiance à l’égard de la dette publique se généralisait. Le quatrième que Tirole suggère est sa préférence ? La monétisation de la dette (et pas seulement celle des États), c’est-à-dire leur rachat par les banques centrales. Tirole souligne que la question du remboursement ne se poserait plus : « Il n’y a pas de délai formel de remboursement par les Etats ; un rachat qui devrait être temporaire peut devenir de facto permanent ». Cela signifie, par exemple, qu’une dette auprès de la BCE devenue permanente, comme une ligne de crédit renouvelée ad vilain ae-ternam, serait une préoccupation de moins pour les États. En attendant, certains proposent que la Banque centrale européenne (BCE) annule la dette publique acquise dans le cadre de ses opérations d’assouplissement quantitatif.

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