L’heure des commémorations en Afrique du Sud, 46 ans après le soulèvement de Soweto

0

Le 16 juin 1976, les jeunes élèves de ce commune dans les environs de Johannesburg éclate une révolte contre le régime d’apartheid qui vient d’imposer l’afrikaans, la langue des colons dérivée du néerlandais, comme langue d’enseignement dans les écoles noires. Mais la répression policière fut violente, déclenchant une série d’émeutes qui furent à leur tour violemment réprimées.

Avec notre correspondant à JohannesburgClaire Bargelès

Oupa Moloto avait alors 18 ans le soulèvement de Soweto organisés, notamment autour de son école : Nous sommes dans le musée construit après 1976. Nous sommes juste à côté de l’école secondaire Morris Isaacson, où j’étais élève à l’époque. j’étais dans le terminal† †

Lors de la manifestation, des slogans sur les pancartes criaient « Au diable l’afrikaans ». Pour Oupa Moloto, il était impossible de rester les bras croisés devant l’imposition de cette langue pour étudier les mathématiques ou les sciences sociales : « C’était vraiment très difficile d’apprendre nos matières en afrikaans. On s’est rendu compte que tout était voué à l’échec. Et à cette époque, nous étions également attentifs à ces questions, car c’était l’époque du mouvement de la conscience noire. Nous avons donc complètement rejeté la possibilité que l’afrikaans devienne le principal moyen de communication.† †

► À écouter : RAPPORT AFRIQUE : Afrique du Sud : la place des Afrikaans

Cette langue était aussi le symbole de l’oppression, selon l’historien Noor Nieftagodien, auteur d’un livre consacré à l’événement : Le régime voulait que le peuple africain puisse comprendre et appliquer les consignes des Afrikaners blancs. C’était lié à l’idéologie selon laquelle l’afrikaans était associé au pouvoir blanc et que les sujets de ce pouvoir devaient apprendre la langue de leurs oppresseurs.† †

Les émeutes de 1976 seront un tournant dans la lutte contre le régime d’apartheid et son démantèlement.


• Africain, un sujet toujours sensible

Aujourd’hui encore, l’histoire laisse des traces et le statut de l’afrikaans dans le pays est toujours un sujet délicat. En 2019, par exemple, la décision de l’Université de Pretoria de ne plus utiliser l’anglais avait suscité un débat important. Ainsi, lorsque la compagnie aérienne Ryanair a récemment décidé de mettre en place un test de connaissances générales en afrikaans pour ses voyageurs sud-africains à destination et en provenance du Royaume-Uni et d’Irlande afin de détecter les détenteurs de faux passeports, la bronca ne s’est pas fait attendre. Ryanair a depuis refusé de passer ce test.

Cette politique de Ryanair rappelle à beaucoup l’attitude consistant à dire qu’il faut comprendre et parler l’afrikaans pour être véritablement sud-africain. C’est une attitude perçue comme extrêmement raciste et inacceptable par la majorité des habitants. Nous avons onze langues officielles et l’afrikaans n’est que l’une d’entre elles. La langue la plus parlée dans le pays est le zoulou et la seconde est le xhosa. Alors pourquoi l’afrikaans, qui est la langue maternelle de seulement 11 ou 12 % de la population, devrait-il être mis sur un piédestal comme celui-ci ? C’est problématique. Supposer que connaître l’afrikaans équivaut à être sud-africain est en effet quelque chose de très controversé.

{« mediaId »: »WBMZ182040-RFI-FR-20220616″, »sources »:[{« name »: »WBMZ182040-RFI-FR-20220616″, »url »: »https:\/\/aod-rfi.akamaized.net\/rfi\/francais\/audio\/modules\/actu\/202206\/69_-_AFRIQUE_DU_SUD_Son_Melissa_Steyn_-.mp3″}], »broadcastType »: »replay », »emission »:{« title »: » »}, »diffusion »:{« title »: »Melissa Steyn, directrice des \u00e9tudes sur la diversit\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 du Witwatersrand », »image »: » »}}

Melissa Steyn, directrice des études sur la diversité à l’Université du Witwatersrand

#Lheure #des #commémorations #Afrique #Sud #ans #après #soulèvement #Soweto

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

Vidéo du jour:

Laisser un commentaire