Zimbabwe : la ZANU-PF vise la majorité des 2/3 au Parlement

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Des élections législatives partielles controversées au Zimbabwe

Le Zimbabwe tient samedi des élections législatives partielles auxquelles la quasi totalité des candidats de l’opposition ont été interdits de participer, le président Emmerson Mnangagwa cherchant à s’assurer, selon les observateurs, un long règne sans partage. Le pays d’Afrique australe a tenu des élections générales en août. Le scrutin, dont la régularité a été mise en doute, a offert un second mandat au président de 81 ans, et 177 sièges sur 280 au Parlement à son parti, la Zanu-PF. Il n’a manqué que 10 sièges au parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1980 pour décrocher la majorité des deux tiers et être libre de réviser les lois du pays.

Une situation qui « sape tout espoir de démocratie »

Deux mois après les élections générales, 14 députés de l’opposition ont été démis de leurs fonctions, ouvrant la voie à des élections partielles dans 9 circonscriptions. Cependant, à deux jours du scrutin, un tribunal de Harare a ordonné que 8 des 9 candidats du premier parti d’opposition, la Coalition des citoyens pour le changement (CCC), soient interdits de se présenter. Cette situation a été vivement critiquée par les observateurs, qui estiment qu’elle « sape tout espoir de démocratie au Zimbabwe ». La crise a été déclenchée par une lettre adressée au président du Parlement par un homme se présentant comme le « secrétaire général par intérim » de la CCC, mais qualifié d' »imposteur » par le parti d’opposition.

Des enjeux politiques et économiques importants

Le Zimbabwe est confronté depuis plusieurs années à une profonde crise économique, marquée par des coupures de courant, des pénuries et un chômage endémique. Selon les spécialistes, ces élections partielles sont la première étape d’une manœuvre du pouvoir pour rafler la majorité des deux tiers au Parlement, afin de modifier la Constitution et permettre à Mnangagwa de prolonger son règne en abattant la limite de deux mandats présidentiels. Malgré l’espoir suscité par l’arrivée au pouvoir de Mnangagwa en 2017, le pays a récemment adopté des lois « liberticides » et l’opposition dénonce une répression violente menée par le pouvoir. La CCC bataille devant les tribunaux pour contrer les attaques contre ses parlementaires, mais jusqu’à présent en vain.

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