Cameroun-Affaire Amougou Belinga: Voici pourquoi la souveraineté du Cameroun trainée dans la boue

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    Bangui, le 8 juillet 2020, c’est la date de signature d’une correspondance de l’ambassadeur de la République du Cameroun en République centrafricaine, Nicolas Nzoyoum, adressée au ministre camerounais de Relations extérieures, son patron hiérarchique. Avec pour objet « voice viral sur les réseaux sociaux relatif à une conversation entre l’ambassadeur et le Pdg du groupe Anecdote.» Il porte ainsi à la connaissance de la hiérarchie, à titre de compte rendu, qu’un voice sur les réseaux sociaux fait état d’un appel que l’ambassadeur du Cameroun qu’il est, aurait reçu le dimanche 5 juillet 2020. Il relève le ton arrogant du voice et en résume le contenu, pour ensuite expliquer de quoi il s’agit en réalité. Et l’on apprend qu’en tant qu’ambassadeur du Cameroun en Rca, il a reçu il y a trois ans le Pdg du groupe Anecdote, Jean Pierre Amougou Belinga, comme il le fait pour tous les hommes d’affaires camerounais sérieux désireux d’investir en Rca. Il l’a introduit auprès des plus hautes autorités centrafricaines, et le recevait à la résidence qu’il occupe, jusqu’à ce qu’il y ait un froid entre eux.

    Il reconnait que le seul appui que le Pdg du groupe Anecdote a apporté à l’ambassadeur, c’est son intervention au cours de l’année 2019 auprès du ministre des Finances au Cameroun en vue du renflouement du compte de la perception de l’ambassade pour un montant de moins de 100 millions de francs cfa, en dessous même du montant qu’il avait sollicité. Il explique que la rage de Jean Pierre Amougou Belinga qui transparait dans le voice vient du fait qu’il a été absent à l’inauguration officielle il y a quelques mois du siège de la télévision centrafricaine rénovée par le groupe Anecdote, du fait qu’il n’avait pas été invité. Pour l’ambassadeur, il est indéniable que les activités de Vision 4 et le groupe Anecdote à Bangui depuis environ 3 ans ont constitué un apport non négligeable au renforcement de la coopération bilatérale avec la Rca et même à une meilleure lisibilité entre autres, de certaines activités de l’Ambassade à travers des interviewes accordées à plusieurs occasions, et de conclure « mais est-ce une raison pour dénigrer et insulter l’ambassadeur du Cameroun sur place, à chacun de juger à travers ce voice.”

    Le prestige de l’Etat mis à mal

    La correspondance de l’ambassadeur vient ainsi donner des clés de compréhension à la raison d’être du contenu d’un appel téléphonique entre les deux hommes, enregistré on se sait par qui et diffusé sur les réseaux sociaux depuis le 6 juillet 2020. Le contenu de la conversation n’a laissé personne indifférent, de par le ton comme le reconnait l’ambassadeur, insultant et dénigrant de son interlocuteur. Mais cette correspondance explicative confirme plutôt que l’institution étatique a un véritable problème au Cameroun, pour ne pas dire qu’elle a presque perdu sa dignité. Pour mémoire, par décret n°2014/269 du 25 Juillet 2014, le président de la République, décidait « article 1er, monsieur Nzoyoum Nicolas est à compter de la date de signature du présent décret, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Cameroun auprès de la République centrafricaine à Bangui. Article 2, l’intéressé aura droit aux avantages de toute nature prévue par la réglementation en vigueur. Article 3, le présent décret sera enregistré, publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au journal officiel en français et en anglais. »

    Et il est important de s’arrêter un instant sur les définitions pour mieux comprendre. Les dictionnaires de science politique définissent un plénipotentiaire comme une personnalité qui représente un Etat auprès d’un autre Etat et qui est investi des pleins pouvoirs pour accomplir une mission ou conduire une négociation. En d’autres termes, l’actuel ambassadeur du Cameroun en république Centrafricaine ne représente pas seulement l’Etat, il est en plus investi des pleins pouvoirs, et par ricochet devrait disposer de manière souveraine des moyens d’Etat pour accomplir les missions à lui confiées. Sauf que l’on apprend là, qu’il arrive que les caisses de la perception de l’Ambassade soient à sec, qu’il écrive au ministre des Finances pour solliciter des fonds, et que c’est un tiers qui intervienne auprès de ce ministre pour que les fonds lui soit alloués.

    La souveraineté bradée

    On est donc là dans une hypothèse selon laquelle, si les caisses des ambassades étaient régulièrement pourvues et à temps, surtout que ces fonds sont budgétisés, l’ambassadeur, et l’on peut imaginer qu’il n’est pas le seul, n’aurait pas à solliciter l’intervention d’un tiers auprès du ministère des Finances. En sollicitant cette intervention, il brade de fait tous les pleins pouvoirs que lui a conférés le chef de l’Etat, il livre la souveraineté de l’Etat à un individu, qui naturellement peut s’en vanter par la suite. Et l’on comprend le ton arrogant que dénonce l’ambassadeur dans le voice, ce ton qui n’est que la conséquence logique de la banalisation de l’institution étatique par ceux qui sont chargés d’en assurer la dignité et protéger son image.

    La qualité d’un fruit dépend de l’entretien qui est fait de l’arbre. S’il est laissé à la merci des rapaces, des insectes qui rongent les racines et le tronc, on aura d’abord des feuilles jaunies qui traduisent la mauvaise santé de l’arbre, et ensuite des fruits médiocres, tachetés, acides, indigestes et impropres à la consommation. Aujourd’hui, la haine, la division et le mépris qui transparaissent dans les rapports entre les personnalités de la république, sont simplement indicateurs de ce que l’arbre Cameroun est fortement entamé dans ses racines, que le tronc est gravement charançonné, et le plus grave, c’est que c’est l’image du pays qui est trainé dans la boue, et ironie du sort, cela vient cette fois de ceux qui sont justement mis en mission à l’Etranger pour soigner cette image.

    Mais comme dit le sage, quand vous perdez, ne perdez pas la leçon. A chacun de prendre ses responsabilités. Le ministère des finances qui ne devrait pas laisser les ambassades orphelines, les prédisposant à de la mendicité, les ambassadeurs qui devraient avoir de la hauteur et prendre au sérieux les missions et les pouvoirs qui leur sont confiés, et tout citoyen dont le respect et la courtoisie devraient guider toute attitude, surtout envers les institutions de l’Etat


    SOURCE: https://www.w24news.com

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