Cameroun: Voici ce qui reste du ranch d’Ahmadou Ahidjo

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    Une résidence présidentielle, des résidences pour invités, un restaurant, des boukarous, un héliport, un lac assorti de chutes, une immense cour, un verger, le tout sur d’innombrables hectares, sont les vestiges la forêt «enchantée» d’Idool. Le ranch du premier président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, est totalement abandonné.

    Une vaste étendue de verdure sur des hectares plante le décor dès l’entrée du Ranch Sera d’Ahmadou Ahidjo à Idool. Cette immense cour aux bons soins de la nature a hébergé un héliport, à en croire les habitants de la petite localité sise à environ 90 km de Ngaoundéré, dans l’arrondissement de Bélel, département de la Vina.

    «Le président Ahldjo venait Ici par hélicoptère. Je crois qu’il est venu une ou deux fois par voiture», fait savoir Vaya Mamoudou, un fils d’Idool. Après avoir franchi le poteau qui sert de barrière, peut être aperçue, sur plus d’un kilomètre, une pseudo concession d’habitats totalement détruits ; une sorte de «tour de garde» de l’impressionnante forêt du ranch Sera, C’est ici qu’Ahmadou Ahldjo, premier président du Cameroun, venait se ressourcer. «Quand ce ranch fonctionnait, le président Ahldjo ne pouvait passer trois mois sans y séjourner, pour se concentrer. Il passait ses congés ici et avait l’habitude d’inviter ses collègues chefs d’Etat», indique notre source.

    De 1960 à 1982, le ranch Bera à Idool «la fraîche», ainsi baptisée pour son climat, s’apparentait à Mvomeka’a aujourd’hui. Le président de la République Ahmadou Ahldjo, pendant ses 22 ans de fonction, y a pris d’importantes décisions. «C’était comme un lieu de retraite où II prenait des décisions importantes de la République, par exemple préparer un remaniement ministériel», indique Yaya Mamoudou. C’est sans doute en tenant compte de ces égards présidentiels qu’Ahmadou Ahidjo a construit le ranch à l’Image de son Illustre fonction.

    Une résidence présidentielle à présent fermée au public et en friches, des résidences pour ses convives, un verger composé de goyaviers, manguiers, orangers, etc. sont bien encadrés par des eucalyptus. Mais en plus, y ont été aménagés un restaurant, des boukarous divers, un lac qui sert de versant aux chutes d’Idool entre autres. L’accès à ces chutes est actuellement parsemé d’embûches ; le danger plane, à la moindre chute.

    «Ce ranch faisait la fierté d’Idool et de toutes les localités environnantes. C’était une vitrine en termes d’activités ; comme le chef de l’Etat venait, toute son administration faisait aussi un détour dans ce ranch. Du coup, la population ne se sentait pas abandonnée; on avait une présence forte et permanente du gouvernement», fait savoir un prince d’Idool. Le ranch était donc un site touristique fantastique, tout y était aménagé.

    Désenchantement

    Mais aujourd’hui, le petit paradis humain est devenu un paradis pour bêtes diverses, tant il est transformé en forêt. Le temps d’une visite le 6 Juillet dernier, l’accueil est assuré par une biche certainement surprise par des présences humaines, apparemment inhabituelles. Au bord du lac, véritable attraction malgré l’abandon, git l’épave d’une pirogue au moteur hors-bord. Au moins, Il y a de quoi égayer les papilles, particulièrement avec des mangues et goyaves qui, en maturité et faute de consommateurs, pourrissent. Les résidences, restaurant et autres Infrastructures d’accueil, autrefois luxueux à en juger la qualité du matériau utilisé pour leur construction, font aujourd’hui la joie d’oiseaux dont la présence est marquée par des excréments, de rats, serpents et autres bestioles.

    «Le ranch a perdu de son prestige depuis que le président Ahmadou Ahidjo est allé en exil, puis y est décédé. Sa famille, qui pouvait assurer la continuité des activités du ranch, était obligée de s’effacer à un moment donné parce que le régime actuel ne voyait pas cette oeuvre d’un bon œil. Et Jusqu’à présent, comme vous l’avez vu, le ranch est abandonné», se désole une élite d’Idool.

    Le chagrin des Idooliens est d’autant plus grand mais amoindri lorsqu’ils se souviennent qu’à quelques kilomètres, à Wassandé, dans l’arrondissement voisin de Nyambaka, la Sodeblé, une autre oeuvre d’Ahmadou Ahldjo est tombée en ruines comme leur ranch. «Il y avait une forte activité économique, notamment des grands troupeaux de boeufs qu’on y élevait, constituaient une main d’œuvre pour la population locale. Également, Il y avait une opportunité pour la population d’apprendre certaines activités comme l’agriculture beaucoup plus orientée vers la culture des aliments pour le bétail. Il y avait une certaine expertise, des expériences sur l’élevage qui se passaient dans le ranch. En sus, cette population bénéficiait de l’entretien routier», se remémore Vaya Mamoudou.

    Et la population de se demander, sans l’extérioriser à l’aide de tambours et trompettes, ce que cette zone du département de la Vina, visualisée par le premier président du Cameroun comme important pôle économique et Industriel, a fait au régime en place. «Le ranch est abandonné, la Sodeblé tout près est abandonnée. Or, c’étaient des poumons économiques de la zone. Et le ranch était vraiment un site touristique de haut standing. Donc, si ces sites peuvent être réaménagés, ça va redonner la vie à toute la zone entière», souhaite Yaya Mamoudou.

    Mais pour le moment, les yeux ne trompent pas à Idool. Forêt et bêtes sauvages sont désormais les présidents de la République du Ranch Bera d’Ahmadou Ahldjo. Aux habitants d’en pleurer, car fatigués de s’en offusquer.


    SOURCE: https://www.w24news.com

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