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CM – Avons-nous vraiment besoin d’une nouvelle saison de Dexter ?

La finale de la saison 8 de Dexter en 2013 est sans doute l’une des fins les plus détestées de l’histoire de la télévision. Au terme d’une saison désastreuse qui s’est effondrée sous l’improbabilité, la surenchère et les mauvaises décisions, le tueur en série le plus ambigu des séries télé, mi psychopathe criminel, mi justicier (son « code » qui le vise pour les criminels qui échappent à la justice) s’incline), congédié, vêtu d’une chemise de bûcheron hideuse et d’une fausse barbe grotesque. Faisant semblant d’être mort, il a déménagé dans une petite communauté rurale loin de la Floride et nous n’aurions plus jamais de ses nouvelles. Plus jamais, vraiment ? Il n’est pas bon de connaître la soif de remake / revival / reboot et d’autres variantes que les chaînes et les plateformes montrent depuis plusieurs années. Et c’est l’occasion rêvée maintenant, contrairement à d’autres émissions qui n’auraient jamais dû être réveillées, d’essayer de faire oublier une remise des diplômes particulièrement ratée. Voici donc Dexter : New Blood pour dix épisodes sur Canal. Du sang vraiment neuf ? Rien n’est moins sûr.

Dexter Morgan est vraiment malchanceux. Il n’y a rien de tel que de trouver du travail dans… cette armurerie d’une petite ville de l’Oregon, enfouie dans les bois et la neige. Idéal pour résister aux impulsions exténuantes. D’ailleurs, ici, il tombe amoureux d’un… lieutenant de police. Un moyen de vous simplifier la vie ? Pas vraiment. D’autant plus qu’une pluie d’événements s’abat sur notre pauvre tueur en série en quête d’oubli et de paix : son fils désormais adolescent Harrison le retrouve et s’installe avec lui ; Un podcasteur ennuyeux et ambitieux avide de nouvelles sanglantes arrive en ville alors que la police commence à se soucier des disparitions de jeunes femmes isolées. Pire encore, le sombre passager de Dexter Morgan réapparaît au pire moment possible. On se demande comment tout cela n’a pas pu être une catastrophe, et ça ne manque pas : Dexter reprend du service, avec à peine plus de conscience coupable qu’avant.

On comprend très vite : Dexter, New Blood ne brille pas avec originalité. On y retrouve tous les ingrédients des saisons précédentes, agrémentés de plein de plans de scénario un peu agaçants. Et pourtant nous courons. Nous courons même. Car oui, cette nouvelle saison de Dexter est à coup sûr, même si on ne connaît pas le résultat, la meilleure depuis la fameuse quatrième saison, celle de Trinity Killer. Le retour du showrunner original Clyde Phillips n’est certainement pas vain : après de longues années d’errance et que sais-je, Dexter revient à l’essentiel et prouve qu’il est excellent. Même les décisions d’écriture de scénario douteuses, telles que faire de sa défunte sœur Debra Dexter un partenaire de conversation constant, sont efficaces, notamment en ralentissant la voix off et en permettant de grands moments d’acteur. En tant que tel, Michael C. Hall est parfait comme toujours, et nous pourrions simplement continuer pendant le reste de la saison pour le regarder jouer. Le sous-texte sur l’ascendance, l’héritage et la responsabilité des pères est cousu de fil blanc, mais nous admirons cette couture comme si elle nous avait été servie pour la première fois. Il y a quelque chose de magique à voir combien d’ingrédients non originaux vont si bien ensemble. Tout simplement, la joie d’une histoire bien ficelée ne s’y doit même pas.

C’est vrai que Dexter n’est pas un thriller comme les autres. Peu nous importe qui a tué ou pourquoi. Ce qui nous maintient devant l’écran, c’est le « Comment ? » Les personnages sont prévisibles, les rebondissements sont souvent basés un peu sur des coïncidences au téléphone. Mais ce n’est pas le plus important : nous gardons une longueur d’avance sur Dexter : New Blood parce que nous voulons voir comment les fils de l’histoire se dénouent. Ou pour être plus précis : Comment mélanger les fils des différentes intrigues puis se désintégrer… Il fait en sorte que Dexter Morgan, un anti-héros, mais toujours un petit héros, s’en tire. Et le petit truc de Dexter : New Blood est là : On connaît chaque fil par cœur, mais le spectacle du tissage nous captive toujours.

Reste à savoir si on a vraiment besoin d’une nouvelle saison de Dexter en 2021, donc c’est peut-être réussi. Apparaissant à l’écran à une époque qui valorisait les hommes en difficulté, Dexter Morgan, comme le rappelle le titre du livre de Brett Martin, est un personnage fondamentalement gris, avec une morale trouble par définition, à la manière d’un Tony Soprano ou d’un Walter White : fondamentalement un anti-héros, créé pour des temps qui montrent la moindre méfiance envers l’héroïsme manichéen et ne pensent qu’aux esprits torturés. Plus de quinze ans après le premier épisode, les temps ont changé. Même une série comme CSI : Las Vegas tient compte des différents temps pour tenter un come-back arbitraire (depuis début octobre sur CBS et pas encore annoncé en France). Les enquêteurs d’aujourd’hui constatent à maintes reprises que les faits et les preuves n’ont plus la même force à l’ère des fausses nouvelles, de la désinformation et des vérités alternatives. Chez Dexter du moins pour le moment il n’y a aucune trace d’évolution, encore moins de questions : Le temps passé n’a ni le bon ni le mauvais ni le psychisme des criminels capturés qui les protège et parfois les nourrit. Au final, on a juste l’impression, qui n’est pas désagréable en soi, d’avoir été sur le carrousel d’une foire que l’on connaît par cœur. Cela ne changera pas la face du monde ni même la série, mais c’est quand même un plaisir.

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Devons-nous le regarder si nous ne l’aimons pas?

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