CM – « Il est elle » : le pari prudent de TF1 sur l’identité trans

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« Si c’était votre enfant, le feriez-vous ? « C’est la question que pose la mère de Julien, 15 ans, qui meurt d’envie d’être une fille, qui interroge un médecin spécialiste de la question. Et cette question sous-tend toute l’intrigue de C’est Elle, la fiction en deux parties de TF1. Diffusion ce soir. La chaîne 1 a choisi d’aborder la question sensible de la trans-identité, mais vue du côté des parents. Pour résumer, le verbe est sans doute un peu fort car la chaîne grand public va avec un grain de sel, même s’il a déjà fait place aux personnages transgenres dans Tomorrow Is Our Own. La grande différence est que cette émission est diffusée aux heures de grande écoute et le sujet principal de l’identité transgenre, qui est encore tabou à la télévision.

Cela semble être un long il y a quelque temps où Mimie Mathy et Laurent Ournac occupaient le fauteuil, lundi soir, des rois de la comédie familiale au cachet de TF1. jouer la carte de l’audace avec ses fictions. Son mérite est un catalogue de programmes toujours plus étoffé à thématique sociale forte, jusqu’alors réservé au service public. France 2 notamment. Mais la première chaîne bien décidée à ne pas laisser ce champ à la concurrence couvre désormais tous les sujets. La prostitution des mineurs il y a quelques semaines avec l’excellente mini-série Fugueuse ou la fin de vie dans La Dernière Partie, un téléfilm avec Franck Dubosc, Guy Marchand et Macha Méril qui sera diffusé dans une semaine.

C’est elle, c’est l’histoire de Julien, un adolescent de 15 ans atteint de dysphorie de genre qui devient progressivement Emma (le prénom que ses parents lui auraient donné s’il était né fille) au grand désarroi de son père, contremaître, et avec l’approbation agitée mais tendre de sa mère, la vendeuse de confiseries, consciente de la douleur de son enfant. La crise familiale qui en résulte souligne à plusieurs reprises le conflit entre les parents qui, bien qu’animés par le même amour, s’affrontent violemment avec des lignes obsédantes trop écrites pour être réalistes. (« Je suis le salaud, non? Parce que je suis son père et je ne veux pas qu’il lui coupe les couilles. » « Et moi, je suis sa mère et je ne veux pas qu’il lui coupe les couilles off. »)

Parce que le point est là : il ne s’agit pas de pointer du doigt ou de blâmer ceux qui jugeraient la trans-identité par ignorance. Bien qu’il transmette le mieux le message de la communauté LGBTQ. L’objectif est donc de décortiquer le sujet le plus clairement possible sous la forme d’un cours magistral. Dans une longue scène qui tente au mieux de ne pas enterrer l’intrigue, les parents du jeune Julien écoutent les explications très instructives d’un médecin. Cette « conférence », qui dure quelques minutes, entraîne doucement le spectateur sur un chemin qu’il n’aurait peut-être pas emprunté.

A noter que les détails de la transformation sexuelle du personnage sont à peine évoqués. Idem, les aspects les plus sombres de ce développement difficile sont un peu édulcorés. La tentative de suicide de Julien après la colère de son père, qui l’a laissé déguisé en fille sur une route de campagne dans l’une des scènes les plus réussies du téléfilm, trouve son épilogue dans une ellipse temporelle de six mois qui sépare les deux parties du Film.

La première se concentre sur la souffrance de l’adolescente, confrontée aux regards des autres et surtout des garçons inutilement virilisés – qui jouent avec leur pénis dans les vestiaires (!) à faire de l’hélicoptère sans jamais réagir ou vraiment violemment . La deuxième partie, que l’actrice principale Andréa Furet (Julien/Emma) qualifie de « plus facile », traite davantage de la nouvelle vie de la jeune femme qui vient de s’installer avec sa mère à Paris, et d’une grande partie de sa première histoire à Paris. ‘Amour.

Rien n’a été laissé au hasard par TF1 pour « calmer » son audience. Le choix du casting est donc extrêmement délibéré. Dans le rôle de la mère un peu effrayée mais finalement très compréhensive, on retrouve Odile Vuillemin, une actrice de maison pour ainsi dire, qui a creusé ses sillons dans le canal des séries aux fictions difficiles. Après des débuts fracassants dans la série Profilage policier, TF1 lui confie en 2015 le rôle principal de L’Emprise d’Acquittée, l’autobiographie d’Alexandra Lange, battue par son mari. Elle a également joué la mère du chanteur Grégory Lemarchal dans Why I Live, le biopic que le diffuseur a consacré au vainqueur de Star Academy 4.

Odile Vuillemin a deux atouts : le premier, essentiel, qu’elle possède grâce à son talent et son jeu rapproché peut assumer tous les rôles, aussi difficiles soient-ils, mais aussi pour calmer le spectateur en étant une sorte de Madame-Tout-le-Monde, non loin des mères qui peuvent être concernées par le sujet de cette fiction » – un terme cher au cœur des services marketing des chaînes de télévision.

A ses côtés, le subtil Jonathan Zaccai (Le Bureau des Légendes) incarne un père de famille confus qui n’est pas sûr de vouloir comprendre la situation, sans être têtu et fermé à toute discussion. Pour incarner Juju, qui devient Emma dans le second volet de cette fiction, TF1 a ciblé Andréa Furet, une comédienne de 19 ans qui a parcouru le même parcours que son personnage. Une façon de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui, dans une rage vokiste, auraient pu regretter que ce personnage complexe soit joué par une comédienne qui n’avait pas assisté à la transformation. Pas de vagues !

Mais soyons honnêtes, Andréa est comédienne – elle tourne actuellement un épisode de La Faute à Rousseau pour France 2 et sera au casting d’une nouvelle série sur France.tv Slash – et insiste sur le fait qu’elle n’espère pas rester limité aux personnages transgenres. « Je ne veux pas garder le label ‘Trans’ à vie et jouer des rôles différents. Mais son discours sur la fiction est très clair :  » Si ce téléfilm ne peut qu’aider un enfant qui est dans cette situation aujourd’hui, alors j’aurais rempli ma mission.  » C’est sûrement tout ce que l’on peut lui souhaiter.

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