CM – INTERVIEW – Véronique Sanson : « J’ai écrit la quasi-totalité de ma musique pour Michel Berger »

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A l’occasion du festival Foire en Scène, qui se déroulera lors de la 75ème foire de Châlons et auquel elle se produira, Véronique Sanson a accepté de s’impliquer dans la Femme Actuelle le vendredi 6 août 2021. </ Véronique Sanson est prêt à remonter sur scène et n'a pas de langue dans sa poche. Ni quand il s'agit de chanter, ni quand il s'agit de discuter de problèmes sociaux. A l'occasion du festival Foire en Scène*, où elle se produira le 10 septembre 2021, la chanteuse a accepté un entretien avec Femme Actuelle. L'entretien a lieu par téléphone en raison d'une crise sanitaire. Parfois, il n'est pas clair qui fait l'interview parce que l'artiste est heureux de nous donner l'argent et de nous demander de répondre à nos propres questions pour connaître notre point de vue sur un sujet particulier. Et au final, curieuse et amusée, Véronique Sanson nous demande de lui envoyer une photo "juste là" pour savoir à quoi ressemble la journaliste, avec qui elle venait de discuter pendant près d'une heure pendant que ses chiens aboyaient de l'autre côté de le combiné. "Tu sais comment je suis, pas moi !", explique-t-elle, avant de clore l'interview par un "bisou !" Avant de raccrocher, Véronique Sanson a pris le temps de nous dire à quel point elle était heureuse de la reprise des concerts, combien son ex-compagnon Michel Berger avait influencé sa musique ou encore combien son fils Christopher Stills, qui était si loin, avait vies, a raté. Elle a également abordé divers sujets qui animent notre société, comme la crise sanitaire (et sa colère contre les antivax), les élections, ou encore le féminisme, avant de nous décrire comment étaient ses journées. En résumé, Véronique Sanson nous raconte sa drôle de vie et une chose est sûre : Elle a des idées dans la tête et fait ce qu'elle veut.

Femme actuelle : Comment vas-tu Véronique Sanson : Vraiment bien ! Au début j’ai plutôt bien survécu au temps lié à la crise sanitaire, c’était une bonne excuse pour la paresse. Mais je n’ai pas vécu avec ça quand tout était fermé, c’était très triste. Maintenant, nous pouvons enfin répéter la scène et trouver notre public. C’est moins triste qu’avant. Au niveau de la santé, j’ai eu un cancer et c’est fini. Je suis en rémission totale… eh bien, à bientôt depuis Trafalgar ! (rires) Je suis content de pouvoir reprendre les concerts, même s’il y a encore des soucis. Je suis encore en train de mourir de trac. Je me dis que je ne sais plus faire de scène car je n’en ai pas fait depuis longtemps… Et effectivement, une fois qu’on a un pied dessus, on sait très bien jouer.

VS : Non, mon fils ne sera pas là. Il n’habite pas à côté ! Mais nous sommes toujours en contact. C’est la famille Sanson. Ma sœur, mon fils… Nous sommes un clan affreusement soudé ! Nous ne pouvons pas voir mon fils car j’ai des problèmes avec l’avion donc je ne peux pas lui rendre visite souvent. Ma sœur habite à Paris et je lui rends visite dès que je peux. Mais je n’ai pas trop envie d’aller à Paris, je suis à la campagne, à 30 kilomètres… J’ai un appartement à Paris où je ne vais jamais. J’aime l’air pur, j’aime où je suis.

V.S. : Mon père qui m’apprend le piano. Je devais avoir 4 ou 5 ans. La chanson s’appelait Sentimental Journey. La musique c’est toute ma vie ! Je n’ai jamais pensé à autre chose. Mes parents voulaient que je fasse mon bac avant… Alors je l’ai fait. Ils n’ont jamais construit de barrage, ils m’ont juste dit d’être le meilleur. Mais ce n’était pas difficile de vivre de ma passion car j’y croyais. Et il y a eu des concours de circonstances qui m’ont beaucoup apporté. Par exemple, que je rencontrerai à nouveau Michel Berger, que je considère comme mon mentor. Nous nous connaissons depuis notre plus jeune âge car nos parents étaient amis. J’ai rencontré d’autres personnes formidables. Je ne vous dis pas que j’ai vendu beaucoup de disques au début, mais j’avais un entourage formidable !

A quel point votre vie personnelle a-t-elle influencé votre musique ? V.S. : Ça a influencé toute ma musique ! Parce que j’ai écrit toute ma musique pour Michel [Berger]. Bon, pas tout, mais presque, et des chansons importantes, des chansons qui ne sont pas vraiment joyeuses… Les chansons étaient notre façon de communiquer. Il m’a écrit quelque chose, je savais que c’était pour moi et je lui répondrais. Les téléphones portables n’existaient pas à l’époque ! Et nous ne nous sommes jamais envoyé de lettres. J’ai passé beaucoup de temps sans le revoir.

V.S. : Je suis totalement dépassée ! J’écoute beaucoup la radio dans ma voiture : FIP, NOVA, RTL, Rock… Mais c’est la seule fois car je ne penserais pas à la musique à la maison. Spotify, Deezer, ce n’est pas du tout mon truc. Je ne sais même pas comment ça marche. Je suce au téléphone et je suce à l’ordinateur. Idem pour Twitter, je ne sais même pas ce que c’est ! Facebook est amusant parfois… mais je n’aime pas qu’on me lance dessus comme si c’était réel. Alors je me méfie un peu.

Vos parents étaient résistants, que pensez-vous des allusions à la Shoah dans les récentes manifestations contre le dépassement de la crise sanitaire ?

V.S. : Ça craint ! Je veux dire, si les gens veulent attraper Covid, c’est leur problème. Si vous voulez vous faire vacciner, c’est aussi votre problème. Je me suis fait vacciner le plus tôt possible parce que je n’avais pas du tout envie d’attraper cette merde. Je trouve ce type de fausse résistance inapproprié. Et je ne comprends pas pourquoi les gens refusent de se faire vacciner. Il faut se faire vacciner, sinon c’est de l’égoïsme fou ! Le Covid peut aussi se transmettre sans action sérieuse.

V.S. : Je ne suis absolument pas féministe ! Je n’aime pas le mot « féministe ». Être féministe est un crime. Je ne suis pas du tout féministe, je veux que les hommes soient moins machos et arrêtent de parler de nous comme des salopes. Là, je traduis votre langue. Cela me dégoûte. Mais je ne fais pas partie d’un mouvement féministe. Je veux juste que les gens nous parlent avec respect et soient respectés.

V.S. : C’est le mot qui me dérange. Ça les dérange aussi [les hommes, ndlr. Red.] Que l’on dise « Je suis féministe ». Je ne veux pas les déranger, je veux juste qu’ils nous laissent tranquilles. Je ne veux pas qu’ils nous dérangent. Mais quand on leur parle de féminisme, c’est pire. Je suis simplement féminine et j’ai toujours quelque chose de très masculin en moi, même si je suis une femme et le serai toujours. Je n’aime pas les femmes [en termes de relations amoureuses ou sexuelles, note d. Rouge.]. Je n’ai jamais pu et ne le ferai jamais. Et je ne fais pas partie d’un mouvement. L’activisme, je n’aime pas ça.

Cependant, il y a des femmes formidables qui se sont engagées à faire avancer les choses ; Simone Schleier, par exemple…

V.S. : C’est vrai. Simone Veil, je lui ai aussi dédié une pièce, que je chante sur scène et qui s’intitule Vols d’Horizons, car elle a tant fait pour les femmes… et pour les hommes ! C’était une grande humaniste. Mais elle n’avait pas d’autre choix que d’être active. J’ai vu tous ses discours à l’Assemblée nationale… Je la connaissais aussi. Elle défendait tout, elle avait vraiment le sens de la justice. C’était une femme extraordinaire, elle a toute mon admiration. Je suis tellement triste qu’elle soit morte.

V.S. : A mon âge je commence à m’en occuper. Je trouve qu’il n’y a plus personne au monde qui ait un idéal. Notre président Macron, par exemple, n’a pas l’air d’avoir un idéal. Personne ne comprend. Personnellement, je n’ai rien contre lui, mais je ne pense pas qu’il fasse quoi que ce soit pour notre pays. La seule et dernière personne qui avait un idéal était de Gaulle… Je sais qu’il a fait de mauvaises choses, mais il ne pensait qu’à son pays. Il voulait la taille de la France. Par contre, je vote toujours aux élections ! Même blanc.

V.S. : Je suis content de me réveiller le matin, d’être en vie. Je suis très reconnaissante pour la vie qui n’a pas toujours été facile pour moi. Je dis « merci » tous les matins. Je pourrais très bien ne pas me réveiller, avoir une autre crise cardiaque ou n’importe quelle merde. On regrette toujours les choses, mais ce qui m’intéresse c’est le présent.

V.S. : Je pars en vacances. Et qu’est-ce que je fais quand je ne suis pas en tournée ? Enfin pas grand chose ! J’adore faire des mots croisés sur mon lit, marcher, lire, regarder des séries… J’ai terminé une super série, The Handmaid’s Tale. Je regarde aussi des séries stupides, tout ce qui peut m’endormir. J’utilise beaucoup France 5 et France 3 lorsqu’ils passent des reportages ou de la documentation. Mais je n’aime pas trop les séries comme The Voice quand mon pote Vianney fait partie du jury. Je ne comprends pas comment juger les gens. Cela me dérange! Lorsqu’on m’a demandé, je n’ai jamais pu l’accepter. Qui dois-je juger ?

V.S. : Je suis en train de faire un nouvel album avec mes musiciens, Vianney… et peut-être d’autres personnes.

Qu’aimeriez-vous dire de vous dans 50 ans ? V.S. : Oh, je m’en fous ! Je ne serai même pas là pour le voir, et vous non plus. Eh bien, peut-être avez-vous… (rires).

* Organisé en marge de la foire de Châlons, le festival de musique Foire en Scène rassemble de grands noms de la chanson française (dont Véronique Sanson) pendant 11 jours de 3 à sur la scène du Parc des Expositions Chalonnais suivra le 13.09.2021.

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