Maurice Kamto dévoile enfin les vrais visages du tribalisme d’Etat au Cameroun

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    Au-delà des discours creux et évasifs, dans son adresse de ce 19 mai aux Camerounais, le président Maurice Kamto est revenu sur les multiples entraves à l’Unité nationale au Cameroun, dues au tribalisme au sommet de l’Etat.

    Maurice Kamto a ouvert son discours par l’une des conséquences les plus incontournables de l’inégalité entretenue par le régime en place ; les affres de la crise dans les régions à majorité anglophone. Une crise et ses plus de 3000 morts que « Le Gouvernement en place continue d’imposer aux braves populations du Nord-Ouest et du Sud –Ouest » selon Maurice Kamto. Il rappelle les massacres de Ngarbuh du 14 février, prétendument causés par les soldats camerounais entre autres dégâts engendrés par cette crise. En émettant le vœu que « des solutions pérennes soient apportées à cette situation insoutenable», a souhaité Maurice Kamto, avant de jeter un regard sur la situation réelle de l’Unité nationale au Cameroun. « Vous conviendrez avec moi que l’unité de notre peuple et de notre nation est en péril dans ce contexte d’incertitudes et de turbulences. Même le Gouvernement ne donne pas à voir une cohésion, ne serait-ce que de façade, tellement il est traversé de part en part par des clivages que créent entre ses membres la guerre de la succession à la tête de l’Etat. », Confie Maurice Kamto.

    Et de se demander, « Est-il possible de d’évoquer l’unité nationale dans un contexte comme celui que je viens de rappeler dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; où, de surcroît, des citoyens sont brutalisés, violentés et jetés en prison pour avoir exprimé de manière pacifique leur désaccord sur la marche du pays ? Peut-on parler d’unité nationale quand des dirigeants instrumentalisent sans vergogne la haine ethnique pour conserver le pouvoir, acquis du reste par la fraude ?Que devient l’unité nationale dans un pays traversé par de multiples fractures politiques, sociales et économiques créées et entretenues par ceux-là même dont le rôle aurait dû être de rassembler et d’unir les Camerounais ? », S’interroge Maurice Kamto pour qui, il ne fait plus de doute que la haine ethnique en particulier domine désormais les propos de nombreuses personnalités prétendant agir ou parler au nom de l’Etat, ainsi que ceux de personnes qui, au regard de leur trajectoire, auraient dû être les penseurs éclairants de notre société. « Le tribalisme d’Etat est désormais banalisé et décomplexé. Il se manifeste aussi bien dans les discours qu’à travers divers actes, au point où des rapports internationaux le dénoncent ouvertement. »

    C’est sous ce prisme que le Président Maurice Kamto a invité ses compatriotes à concevoir comme cette 48e édition de la fête Nationale comme « un moment d’interpellation de notre conscience individuelle et collective sur la signification que nous donnons à notre statut de citoyen et sur notre ambition nationale. » En amoureux du Cameroun de son avenir, il a –comme d’accoutumée- formulé quelques propositions « Je propose un cadre de résolution de la crise dans le NOSO et de la crise postélectorale comprenant un comité de haut niveau appuyé par un sous-comité : -Le Comité de Haut Niveau est un comité politique chargé de la médiation et dirigé par un Président ou ancien Président Africain, assisté par le groupe de sages de l’Union Africaine. Le Comité devrait, après consultation du Gouvernement camerounais et tous les principaux protagonistes, y compris ceux en détention, œuvrer pour la mise en place de mécanismes visant à arrêter immédiatement la violence et sa résurgence. », des mécanismes qui selon lui devraient bénéficier du soutien de la communauté internationale, tant au plan politique qu’au plan technique et financier.

    Maurice Kamto a également lancé « un appel pour un cessez-le-feu, même provisoire, à convenir, sans délai, entre les protagonistes du conflit armé avec l’assistance de l’ONU et l’UA. », une action qui selon lui grandira toutes les parties belligérantes en permettant d’ « alléger les souffrances de nos pauvres populations, de créer les conditions de la mise en place du cadre des discussions et, dans le contexte actuel du Covid-19, de porter une assistance adéquate aux populations des deux Régions où la pandémie est désormais en recrudescence.En même temps que le cessez-le-feu, s’impose, la libération de tous les prisonniers incarcérés dans le cadre de la crise anglophone, dont SISUKU AYUK TABE et ses partisans, et les 15 prisonniers d’opinion, militants du MRC, dont le Premier Vice-Président de notre parti, Mamadou YACOUBA « MOTA », développe Maurice Kamto dans son discours du 19 mai aux Camerounais.

    Source: cameroonvoice.com

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