Rentrée scolaire: Voici pourquoi les parents d’élèves du Lycée Deido au bord du soulèvement

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    Déjà tristement célèbre pour le comportement de ses pensionnaires qui ont défrayé la chronique l’année scolaire dernière, avec au compteur une affaire de viol et un assassinat, le Lycée Bilingue de Deido est en passe de servir de théâtre à une bruyante grogne des parents d’élèves alors qu’on est rendu à moins de 24 heures de la rentrée scolaire 2019/2020.

    « Demain, peut-être, je ne reviendrai pas ici. Vous devez apprendre à vivre sans moi, comme le font depuis quelques mois les familles des opposants, puisque dans ce pays on ne peut pas protester contre une injustice sans se faire emprisonner. ». Ces propos à tout le moins prémonitoires, madame P.N., habitante du quartier New-Deido, les tient régulièrement à l’intention de tous ses interlocuteurs qui au détour d’une conversation, évoquent avec elle le sujet de la rentrée scolaire fixée officiellement au lundi 02 septembre.

    La raison de ces apprêts belliqueux ? Le nouvel uniforme adopté par le Lycée de Deido que son fils, inscrit en Snde Littéraire, fréquente depuis cinq ans.

    En fin d’année dernière, le Conseil d’établissement a décidé du port d’un uniforme différent de celui porté par les élèves de tous les lycées et collèges d’enseignement secondaires (CES) du Cameroun –la plupart en tout cas-, pour enrayer les « intrusions régulières » dans son établissement scolaire « de délinquants venus d’autres établissements scolaires pour y semer le trouble ».
    Décision appréciée par l’opinion soucieuse d’un encadrement rigoureux des jeunes, l’initiative s’est révélée un cauchemar, du fait d’une diabolique combine dont elle s’est révélée porteuse.

    En effet, le tissu de l’uniforme, pourtant sorti des usines de la société d’Etat « La Cotonnière Industrielle du Cameroun » (CICAM) n’est trouvable nulle part dans la ville de Douala. En revanche, des ateliers de couture triés sur le volet sont en possession des uniformes déjà cousus, donc « prêts à porter », mais les vendent à des prix tout simplement impossible : 17.000 (dix-sept mille) ou dans le meilleur des cas 15.000 (quinze mille) francs CFA l’unité au lieu des 7.500 voire 8.000 que coûte l’uniforme utilisé dans tous les lycées du pays.

    La mèche de la « combinazione » a été vendue à des parents d’élèves par une couturière qui escomptait faire de bonnes affaires elle aussi, en achetant le tissu indiqué auprès de la CICAM, pour confectionner des uniformes et les vendre déjà cousus aux parents d’élèves. Rendus à CICAM, en effet pour acheter 200 mètres de tissus, elle s’est entendue dire qu’il y avait certes le tissu, mais qu’il lui fallait impérativement « le mot de madame le Proviseur du Lycée de Deido » pour que la transaction soit possible.

    Hormis le fait que rencontrer « madame le Proviseur » est une affaire de croix et de bannière, la couturière s’étant heurtée à de nombreuses personnes (organisations) qui l’ont dissuadé d’accéder à la… patronne, il semble que tenter de questionner cette affaire de tissu du Lycée de Deido équivaut à vouloir percer un secret d’Etat. En d’autres termes, ce Lycée bilingue d’environ 10.000 élèves –pour ne pas dire son proviseur et ceux qui y sont impliqués- ferait dans le commerce des uniformes scolaires, qui ne relève pas de ses attributions, et pourrait liquider quiconque tente d’y trop lorgner.

    Or pour que ses responsables soient restés sourds aux plaintes des parents d’élèves qui grognent depuis plus d’un mois contre l’impossibilité de trouver le tissu pour préparer la rentrée de leurs rejetons, ou contre la cherté des prix pratiqués par les « élus » de « madame le Proviseur », il faut qu’ils aient des soutiens à un niveau plus élevé. Beaucoup pointent du doigt la Délégation Régionale des Enseignements Secondaires du Littoral.

    Ce qui se comprendrait aisément au regard de l’enjeu financier que charrie l’affaire : Si les différents maillons de cette chaine d’escroquerie percevait ne serait-ce que 500 francs à 1000 francs indus de gain par pièce d’uniforme vendu, tous s’en tireraient à bon compte avec au moins un minimum de 5 millions de francs Cfa.

    De quoi jouer les fiers, la panse remplie, et être en mesure de donner des leçons de patriotisme à ces crève-la misère de parents « qui ruent sur les brancards pour rien » et « veulent détruire le pays parce qu’ils veulent économiser quelques petits francs ».

    Samedi, le Proviseur intervenant sur les antennes d’une radio de la place doualaise a cependant essayé de calmer le jeu en annonçant que les nouveaux élèves n’ayant pas réussi à acquérir le nouvel uniforme pouvaient venir en tenue civile, tandis que les anciens devraient provisoirement arborer l’ancienne, en attendant que soit résolu le problème de la disponibilité du tissu.

    « Du n’importe quoi ! » réagit madame P.N. pour qui « le tissu est bel et bien disponible. » Les responsables de l’impasse actuelle veulent, selon elle, « juste du temps pour convaincre ceux qu’ils ont mis dans leur combine de lever un peu le pied le pied sur leurs prétentions ». « Mais moi je vous jure que s’ils ne mettent pas la tenue à 7.000 ou 8.000 francs comme auparavant, mon enfant va fréquenter dans cet établissement public avec l’ancienne tenue.

    Pour l’en expulser, il faudra passer sur mon corps ou m’envoyer en prison », prévient-elle, non sans ajouter « Jusqu’ici, ce sont les opposants qui allaient en prison pour avoir revendiqué leurs droits, moi qui suis une militante du Rdpc, je vais les rejoindre là-bas, poussée par mes camarades du parti. ».

    De nombreux parents d’élèves du Lycée bilingue de Deido, même s’ils ne sont pas dans les mêmes dispositions sacrificielles de madame P.N., ne sont pas moins colériques et ne pensent pas moins à en découdre si le gouvernement ne tient pas la bride à sa proviseure qui résout son incurie en matière de discipline en en « rajoutant à nos maux de poches ».

    Source: cameroonvoice.com

    source2:https://news1.cameroonmagazine.com/rentree-scolaire-voici-pourquoi-les-parents-deleve-du-lycee-deido-au-bord-du-soulevement/

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