Voici pourquoi ‘Je n’ai jamais eu confiance au MRC qui a faussé le débat politique’ – Saliou Muller (cadre RDPC)

    0
    14

    Saliou Muller, président de la section RDPC Bénoué Centre 2 et adjoint au maire de Garoua 2 a accordé une interview à notre confrère du site actucameroun.com ce dimanche. Dans cette interview, l’homme politique parle de plusieurs sujets politiques et de son grief avec le MRC de Maurice Kamto.

    Vous êtes l’auteur d’un livre sur la gestion administrative des CTD et vous avez été SG de commune. À ‘‘heure de la décentralisation comment concevez-vous le rôle des SG au sein des CTD ?

    Le secrétaire général doit être la cheville ouvrière d’une collectivité locale décentralisée. Il doit impulser des méthodes innovatrices pour que la collectivité locale soit en phase avec la décentralisation. Le secrétaire général est le moteur du système administratif de la commune et il est le collaborateur direct du Maire dont il est le confident dans la gestion de la collectivité.

    Vous êtes un patriarche de la politique dans la région du Nord. Comment intégrez-vous l’arène politique et quel est votre parcours ?

    Je ne suis pas avare lorsqu’il faut faire état de mon parcours politique et ce n’est un secret pour personne que j’ai d’abord milité dans l’Undp pendant les années de braise au cours desquelles j’ai ravivé l’ardeur de ce parti dans la zone actuelle ou j’officie non plus comme militant de l’Undp mais plutôt comme président de la section RDPC Bénoué Centre 11. J’ai restructuré le parti dans cette section en 1994 en créant notamment les organes de base de cette entité car à cette époque tout Garoua avait à peine dix $ous-sections Rdpc. J’ai réussi à en créer 23 et depuis 2002 je suis président de cette section.

    Votre famille à travers votre père a été parmi les premiers animateurs de la vie politique dans la Bénoué. Pouvez-vous nous dire un mot là-dessus ?

    Mon père comme vous me donnez l’opportunité de parler de lui, est de par sa formation un enseignant qui obtint son certificat d’études primaires élémentaires en 1928, puis diplômé de l’école Primaire supérieure de Yaoundé en 1930, option enseignement. Son parcours politique est peu reluisant puisque qu’il fut tout à tour avec Ahmadou Mabonde père, Mme Haman Adama qui fut l’adversaire du premier président de la République Ahmadou Ahidjo. Et tenez-vous bien nous avions participé dès notre jeune âge l’élection de,1956 où Ahmadou Mabondé était opposé à Ahmadou Ahidjo, ce dernier fut alors élu député à l’Assemblée nationale et c’est ainsi que débutera son ascension politique. Ensuite, après des tractations, mon père rejoignit le groupe Ahidjo par l’entremise d’une association de la Bénoué qui se deviendra plus tard Union camerounaise (UC), c’était au Relais Saint-Hubert, case n°8 si j’ai bonne mémoire. S’en suivront des tractations avec les Charles Onana Awana ou encore Simon Pierre Tsoungui. Et c’est donc mon père qui dirigea la première section de l’UC du département de la Bénoué aujourd’hui région du Nord.

    Dans vos multiples sortis vous semblez très remonté car à vous lire le Grand Nord aurait été roulé dans la farine par le pouvoir actuel et pourtant vous êtes son principal vivier électoral. Si le Grand-Nord estime peu sa part du gâteau national, pourquoi continuez-vous à soutenir le régime de Biya ?

    Mon soutien au RDPC trouve sa réponse dans la création de ce parti car vous ne pouvez pas enlever de ma tête que c’est l’Unc qui dévient le Rdpc et cette idylle ne se dissocie pas dans mon for intérieur. Le Grand Nord ne se départit pas de son rôle du vivier électoral et il l’a toujours démontré dans toutes les élections. Seulement, je suis un adepte féru du vote et du partage du pouvoir. Lorsque que je te vote, on s’assoit ensuite autour d’une table et on se partage de le pouvoir en termes de bonnes civilités. Malheureusement, aujourd’hui les militants sont confrontés à un dilemme car ils estiment que les élites les trompent pourtant il n’en est rien car nous n’arrivons pas à accorder nos violons puisque cela n’est pas ainsi. Aujourd’hui, nous sommes jetés en pâture et ces militants risquent de nous lâcher puisque les langues se délient, la liberté d’expression est devenue leur crédo de revendications et nous avions du pain sur la planche pour les remettre regagner leur total confiance. Il y a trop d’intellectuels désœuvrés qui sont une bombe à retardement car ventre affamé n’a point d’oreilles. Nous continuerons de soutenir Paul Biya, nous n’allons pas prêter le flanc aux détracteurs du régime qui ne mesurent pas l’ampleur de leur démence s’il arrivait que ce pays explose. Nous continuerons à nous accrocher à cet espoir, telle cette hyène qui tard dans la nuit attend choir la mâchoire de l’âne.

    Le MRC de Maurice Kamto fait des yeux doux au Grand-Nord mais vous semblez être allergique à cette formation politique. Que reprochez au MRC et à son leader Maurice Kamto ?

    Je n’ai jamais eu confiance au MRC qui a faussé le débat politique dès sa création. Ce parti ne semble pas comprendre la politique de ce pays. On se range derrière la tribu, on joue les victimes pour émouvoir le peuple camerounais, pourtant la ligne éditoriale de ce parti est de réveiller les vieilles rancœurs pour diviser les nordistes. Par exemple on va chercher Mamadou Mota pour réveiller le chancre de la kirditude et opposer les populations du Nord en elles. Beaucoup oublient que le Grand Nord est un mélange de peuples et nous sommes tous une mosaïque de peuples venus de partout car les mahdistes peuls ne sont jamais venus avec leurs femmes dans leur conquête. Ils se sont servis sur place ce qui fait que nos parents sont un melting-pot de Peul, Moundang, Toupouri, Zoulgo, Guidar, Guiziga, Arabe choa, Haussa, Kanouri, etc. Et celui qui cherchera à mélanger le Grand Nord pour ramasser ces électeurs de trompe de vision politique. Les militants de ce parti sont novices en politique et arrogants car ils se donnent trop d’importance genre «nous sommes riches, intelligents». On ne connaît pas ça dans le Grand Nord.

    Comment réagissez-vous à ceux qui vous qualifient de tribaliste ?

    On a coutume de dire que je suis tribaliste, mais je suis seulement là pour recadrer les gens. Vous ne pouvez pas venir chez moi pour montrer que vous êtes plus civilisé que moi et vous comportez comme en territoire conquis. Vous êtes Camerounais, je le suis aussi et ce n’est pas parce-que vous avez été à l’école que vous allez venir chez moi pour me rappeler que partout au Cameroun on est chez soi alors que chez vous tout est hermétiquement clos.

    Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être un «Marafiste», c’est à dire un pro Marafa et que vous jouez un double jeu. En 2013, on vous accuse avec certains militants, d’avoir quasiment battu campagne la nuit pour que l’opposition s’empare de la mairie de Garoua 2…

    Marafiste veut dire quoi au juste ? Marafa Hamidou Yaya est l’homme par qui je suis arrivé dans le RDPC. Si le sorcier a oublié, la mère de l’enfant n’oublie jamais. Nous avions tous eu de bonnes relations avec cet homme d’État et chez moi on dit que le chat ne sacrifie pas son chaton pour faire le baptême. Le ministre Marafa est un frère, un ami et je l’aime de jour comme de nuit car je n’ai pas besoin de me cacher pour le dire. Mes amours avec le RDPC sont éternelles. Tout comme en 2007 contre.

    Mohamadou Ahidjo et son épouse Oumoul Ahidjo 2013, nous a toujours accusé d’avoir quasiment battu campagne la nuit pour que l’opposition mais on esquive exprès cet antagonisme politique depuis il y a belle lurette. A Garoua sauf mauvaise foi nous ne connaissions qu’une chapelle politique avant l’indépendance, « hoorrè haggué, semméré gaouri » ou encore UPC mais beaucoup l’ignorent. Je vous dis et redis que je ne fonctionne pas comme ça avec M ara fa Hamidou Yaya.

    Dans une récente sortie sur votre compte facebook, vous affirmez je vous cite «Le Septentrion a besoin du réarmement moral», qu’est-ce que c’est et est-ce la solution pour l’émergence du Grand Nord ?

    Oui, j’ai bien dit cela. D’après mon entendement je crois que le réarmement moral signifie pour moi une prise de conscience, une vision politique, une projection politique, regardé à travers un rétroviseur pour rectifier le tir. En vérité, le nord de porte comme le Cameroun, car si le Cameroun éternue, nous le faisons aussi. Et si nous ne sommes pas émergents cela veut dire que ce Cameroun ne l’est pas aussi. Nous devrons nous déchausser de nos mentalités rétrogrades, il faut bien être solidaires, il ne faut pas qu’on vienne nous apprendre à flairer nos intérêts et je crois que ce n’est quand nous nous approprierons ses qualités que nous pouvons marquant notre présence matérielle.

    Dawa, votre compagnon de longue date dans le combat politique a quitté la scène cela fera 05 ans en octobre prochain. Du coup vous incarnez aujourd’hui l’icône pour la jeunesse du parti dans la Dénoué. Comment vous employez à transmettre aux jeunes l’héritage politique dont vous êtes dépositaire ?

    Youssoufa Dawa fut pour moi un mentor politique, c’est mon univers politique, un Grand frère mais il s’en est allé sur la pointe des pieds et je dirai « Allah Tawe Tone Bouranimo. Avec sa mort, j’ai perdu une boussole politique et en vérité c’est lui l’icône. Les jeunes me rencontrent sur les réseaux sociaux où nous discutons de tout et parfois nos violons ne s’accordent pas. Ils veulent tous voler à tire d’aile,, mais j’ai peur de les voir faire comme un termite qui s’est vu pousser des ailes pour s’envoler et se perdre…

    Source: actucameroun.com

    QU’EN PENSEZ-VOUS?

    LEAVE A REPLY

    Please enter your comment!
    Please enter your name here

    Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

    [gs-fb-comments]

    [comment-form]

    Votre point de vue compte, donnez votre avis

    [maxbutton id= »1″]