World news – FR – Albert Dupontel: « Je suis plutôt une personne pacifique »

0
22

Après Goodbye là-haut, avez-vous envie d’un tournage plus intime? Albert Dupontel – A vrai dire, j’avais déjà avancé le scénario d’Adieu les contre avant de tourner Goodbye là-haut Mais la proposition et l’enthousiasme de ma productrice, Catherine Bozorgan, d’adapter le roman de Pierre Lemaitre étaient si séduisants que c’était difficile refuser De plus, Adieu les cons s’inscrit dans une continuité: c’est aussi une tragédie comico-sociale avec les nuances qui sont bien sûr apportées par le temps, les acteurs, l’évolution de la société Il y a aussi dans ces deux films le même thème qui m’obsède: la relation parents-enfants Une vraie névrose

Pourquoi? Albert Dupontel – Je ne sais pas que j’ai encore moins d’excuses depuis que j’ai été éduquée et aimée par mes parents. Quand mon père a vu Bernie, il m’a demandé: « Qu’est-ce que je t’ai fait? » »Pourtant Dieu sait que je l’adorais Mais je crois que nos déviations d’adultes sont nées dans l’enfance Malgré tout l’amour que nous pouvons avoir, l’éducation que nous recevons est souvent un peu dépassée: elle vient de parents qui, eux-mêmes, ont été élevés à une époque où codes différents Certains l’expliquent mieux que moi, comme Boris Cyrulnik qui, dans La nuit, j’écrirai des soleils, raconte l’histoire du parcours pédagogique de grands écrivains français

Adieu les idiots à partir de l’envie de s’attaquer à cette relation filiale? Albert Dupontel – Non L’histoire est née de cette idée: une femme qui aimerait vivre et ne peut pas rencontrer un homme qui pourrait vivre et qui ne veut pas Je me demandais ce que ces personnages auraient à se dire 9 mois ferme est aussi née un antagonisme J’avais été assez frappé par la 10e Chambre, des moments d’audience, le documentaire de Raymond Depardon, et je m’étais demandé ce qui, absurdement, pouvait unir un accusé et un juge Pour Adieu les contre, je voulais ces gens qui expriment la difficulté de S’aimer les uns les autres dans ce monde répressif et anxiogène pour se rencontrer Aujourd’hui, la société nous broie et nous oublie tous JB, mon personnage, éduqué au sens du narcisse professionnel, est en plein burn-out après avoir raté une promotion Suze, l’héroïne qui cherche l’enfant qu’elle avait abandonné, ne demande qu’à vivre, mais est tué au travail en respirant des ordures Enfin, M Blin, un personnage improbable joué avec brio par Nicolas Marié, incarne des absurdités administratives très plausibles

Comment est né le choix de Virginie Efira? Albert Dupontel – Aucun acteur n’est évident Je cherche une musique, une note Virginie, comme d’autres actrices que j’espère trouver, s’est prêtée avec beaucoup d’humilité au jeu d’essais C’est la meilleure façon pour moi de rencontrer Cela permet eux pour me dire finalement qu’ils ne comprennent rien à ce que je veux dire et qu’ils passent leur cheminEt moi, je vois comment on peut travailler ensemble Suze est sortie naturellement de Virginie, bien sûr Comme le personnage de 9 Mois Farm est sorti de Sandrine Kiberlain Je me souviens, j’étais perdu, et le caméraman m’a fait remarquer: « Cette fille, même quand elle se fâche, elle reste sympathique C’était elle

Dans vos films, vous faites la part belle aux personnages féminins… Albert Dupontel – Les hommes et les femmes ne peuvent pas marcher l’un sans l’autre Si je veux énoncer clairement une thèse, j’ai besoin de tous les adjectifs Comme dans une composition écrite, si je le fais sans le féminin, ce sera ridicule Le monde opère, hélas, depuis très longtemps sur la notion de domination Nos cultures ne prônent que la force et, dans ce schéma macho, les femmes sont supposées plus faibles C’est réducteur, savant, puéril, dangereux

Jouer l’un des protagonistes du film était-il évident? Albert Dupontel – Disons que ce quinquagénaire déprimé, je le connais bien, de manière intime Dans Goodbye Up There, j’ai dû me contorsionner pour rentrer dans un costume qui n’était pas à l’origine fait pour moi Mais là, JB m’attendait, comme une paire de vieilles baskets confortables Pour le prochain film que j’écris, cependant, je ne devrais me réfugier que derrière la caméra

Ce rôle est sans aucun doute le plus doux que vous vous soyez attribué Albert Dupontel – Je ne pense plus devoir me camoufler C’est plus impudique de jouer ce personnage identifiable que de jouer Bernie et ses cousins ​​un peu fous qui peuvent être regardés avec dégoût, effroi ou amusement Je mets la réalité à distance avec eux

Dans Adieu les contre, vos héros sont handicapés, déprimés, condamnés… Selon vous, la souffrance agit-elle comme un révélateur? Albert Dupontel – La souffrance pousse à l’essentiel Certains ne seront que plus grands, d’autres plus mesquins D’ailleurs, c’est partout, même quand, apparemment, on a des vies douillettes et formatées

Cette prise de conscience vient-elle de vos études médicales? Albert Dupontel – En partie En cinq ans de médecine, j’ai en effet découvert que cette rumeur insidieuse sur le fait que nous sommes mortels s’est confirmée J’ai compris très tôt que notre vie était pour presque rien Alors, courageusement, j’ai fui le réel en allant au cinéma Ce que je trouvais absurde dans mon quotidien, j’ai compris dans des pièces obscures Au cinéma, tout avait du sens et je me suis réfugié c’est comme ça que tout a commencé j’ai réalisé que je préférais raconter à ce monde que je ne comprenais pas avec mon imagination Pendant la tournée pour présenter Adieu les cons, une dame m’a demandé d’où venait mon univers fou et délirant je crois sincèrement que je Je n’invente pas grand-chose Je ne fais que commenter, subjectivement et essayer d’être distrayant, sur les temps déviants dans lesquels je vis Juste regarder Il n’y a pas de protestation en moi Je suis plus une personne pacifique, je reste tranquille dans mon coin

Rien ne vous met en colère? Albert Dupontel – Oui, bien sûr, j’entends parler du réchauffement climatique, des virus et de la dégradation sociale depuis trente ans, mais les dirigeants sont dans le déni L’humain est un génie qui s’en sortira, mais je suis sceptique qu’il puisse y parvenir ça sans souffrir Personnellement, j’ai déjà eu une belle vie et si demain tout se terminait, je ne pourrais que dire merci Mais je suis désolé pour cette marche en avant presque suicidaire j’ai peur pour la planète et pour mes enfants je me sens impuissant Le seul ce que je peux faire c’est leur montrer la beauté des choses Comme mon père l’a fait avec moi quand j’étais gamin, m’initier au cinéma de Chaplin, par exemple Mon fils aîné, diplômé du lycée et dont je suis très fier, a été nourri sur les films très tôt, et je viens de montrer la Grande Vadrouille à mon petit j’essaye de leur faire découvrir de jolies choses sans les ennuyer

Comme vos personnages, avez-vous une relation compliquée avec la discipline? Albert Dupontel – Ma mère m’a toujours dit qu’à l’âge de 4 ans, j’ai été renvoyé de l’école. Peut-être que j’avais des difficultés avec l’autorité? Mais depuis que je joue la marionnette, je suis en totale liberté.

Avez-vous des projets en tant qu’acteur avec d’autres? Albert Dupontel – Je manque de temps Je vieillis, mes projets prennent du temps et j’ai une vie de famille assez intense Si je ne profite pas du temps pour contempler le monde et ceux qui m’entourent, je vais ont tout manqué

Virginie Efira, Albert Dupontel, Festival International du Film Francophone de Namur, Belgique, Rendez-vous là-haut

Actualités du monde – FR – Albert Dupontel: « Je suis plutôt quelqu’un de pacifique »



SOURCE: https://www.w24news.com/news/world-news-fr-albert-dupontel-je-suis-plutt-une-personne-pacifique/?remotepost=406728

QU’EN PENSEZ-VOUS?

Abonnez-vous à notre chaîne Youtube en cliquant ici: EBENE MEDIA TV

Vidéo du jour:

Donnez votre point de vue et aboonez-vous!

[gs-fb-comments]

Votre point de vue compte, donnez votre avis

[maxbutton id= »1″]