J’ai retrouvé ce mercredi 03 juillet 2019, au Tribunal de Grande Instance de Bafia, le jeune IBRAHIM BELLO.
Ce jeune garçon a été victime, il y’a deux ans et demi, de la barbarie des policiers en service au poste de police d’Ombessa.

Ligoté aux pieds comme une bête sauvage, et maintenu menotté et fixé sur les grilles de la fenêtre du poste de police pendant de longues heures, il sera finalement jeté au bord de la route par ses tortionnaires, et abandonné à son triste sort pendant des semaines.
Ses pieds en sortiront gangrenés, il les perdra d’ailleurs par amputation.
C’est in extremis qu’il ne perdra pas ses deux bras.
Je l’ai trouvé presque mort à son arrivée à l’hôpital central de Yaoundé, ce 24 mars 2017, après presque deux mois passés sans soins dans un centre de santé à Ombessa. Il sentait la mort….

J’ai pris sur moi de l’accompagner dans son deuxième combat, qui est la quête de la justice.
Hier à l’audience, alors que nous discutions des questions de procédure, je l’ai vu éclater en sanglots, assis sur sa chaise roulante.
Je me suis empressé de le calmer, je crois pour ne pas pleurer moi-même.
Je vois des femmes écraser une larme dans la salle.

Le jeune BELLO ne comprenait rien à notre jargon, et se demandait sûrement si c’est bien de son histoire que nous parlions. Je reste debout à côté de lui, le tenant à l’épaule un peu pour me rassurer qu’il ne va pas recommencer à pleurer.

Au moment où s’arrêtent ses sanglots, je le vois lever doucement la tête, et son regard s’arrête intensément sur un de ses bourreaux, le seul présent à l’audience.
Il est là, dans le box des accusés, ce costaud de près de deux mètres et qui doit faire une centaine de kilos.
Le jeune et frêle BELLO retourne son regard, et tient sa tête entre ses deux mains, dont les affreuses cicatrices révèlent la sauvagerie de l’agression.
Un ange passe dans cette salle d’audience, pleine à craquer.

Les trois juges habillés en rouge, couleur de sang, de ce sang inutilement versé, se concertent quelques minutes.
La cause est renvoyée au 07 août 2019 pour comparution du chef de poste de police à l’époque des faits, qui n’a pas daigné se présenter devant le juge d’instruction.
J’espère qu’il viendra lors des audiences publiques affronter le regard du jeune BELLO, dont le seul crime est de s’être retrouvé au mauvais endroit ce triste jour du 05 février 2017.

Il n’avait rien volé, il n’avait rien fait, aucune plainte n’est déposée contre lui.
Mais il a perdu ses jambes, il est désormais sur chaise roulante.
Je me battrai pour toi Petit BELLO, pour que justice soit faite.

SOURCE https://www.coupsfrancs.com/affaire-dujeune-ibrahim-bello-torture-et-ampute-des-deux-pieds-par-des-policiers-camerounais/?fbclid=IwAR0QjEem9rRZNYFIBuzhfMRUKUr762ivOXstnR1_lDukFkyAEtDoEnzFYv4

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