Paul Biya a pris la parole face à la nation hier mardi 10 septembre 2019. Le chef de l’Etat annonce un dialogue auquel « tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement Fiart, mais chacun aura ’occasion d’y contribuer ».

Fait rarissime, Paul Biya qui ne s’adresse généralement à ses compatriotes qu’à l’occasion du Nouvel An, de la Fête nationale de la Jeunesse et de la Fête nationale du 20 mai a pris la porale hier, mardi 10 Septembre 2019. Un fait suffisamment inédit qui n’a pas manqué de susciter les spéculations au sein de la classe politique.

Un discours qui aurait été préparé et amendé par l’émissaire du Quai d’Orsay reçu auparavant. Avec qui il aurait échangé sur la situation sociopolitique du Cameroun et les possibles résolutions de l’ONU qui tiendra sa traditionnelle assemblée générale à partir du 17 septembre prochain.

Le contexte dans lequel intervient la démarche présidentielle est si mouvementé qu’il laisse entrevoir une pile de sujets sur lesquels pourraient intervenir le président camerounais. De quoi a parlé Paul Biya ce mardi ? Non pas de l’amnistie des leaders anglophones afin de donner la chance à un dialogue national comme l’envisageaient déjà certains analystes politiques.

Mais bien évidemment de la crise anglophone qui a notamment retardé la rentrée scolaire dans Certaines localités des régions du Nord-Oüest et du Sud-ouest et entraîné un vaste mouvement d’exode. Reléguant en seconde zone la décentralisation, Paul Biya a annoncé qu’il se prépare à ouvrir un dialogue sur la crise sociopolitique – juste pour tenter d’influencer une décision des Nations-Unies sur le Cameroun les semaines à venir -, croit savoir un observateur averti de la scène politique. Pour qui il s’agit ni plus ni moins d’un discours d’auto-protec-tion, avec des annonces flagorneuses.

Comme sorti d’un profond coma, Paul Biya affirme que » les nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exercer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfugiés et les personnes déplacées revenir et (es enfants retrouver le chemin de l’école.

La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment. – Et de poursuivre sans véritablement convaincre qu’il a : « la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur Comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité ».

C’est pourquoi, poursuit-il, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation.

Le dialogue dont il est question, pense Paul Biya concernera principalement la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Mais il est évident qu’en cela même il touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne saurait intéresser uniquement les populations de ces deux régions -, précise-t-il.

Et de souligner qu’ « il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès. Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par te conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des excombattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc.

Source: Le Messager n°5380

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