Dans le collimateur de la justice, Théodore Nsangou passe un temps de chien en ce moment. Des indiscrétions bruissent au Tcs sur son arrestation -qui ne serait plus qu’une question de jours – depuis qu’une interdiction de sortie du triangle national lui avait été signifiée le 03 janvier 2019. Aujourd’hui soupçonné de «corruption, détournement de fortune publique et pressions sociales exercées sur le fonctionnaire», M. Nsangou a en réalité la justice à ses trousses depuis 2016. À cette époque, il avait été cité dans une affaire de détournement de deniers publics présumé d’une somme évaluée à 19 millions de Fcfa et près de 880 millions de Fcfa en coaction avec certains de ses collaborateurs.

Selon des indiscrétions, le successeur de Ndonga Célestin était, en effet, suspecté d’avoir prélevé 19,1 millions de Fcfa de l’organisme public qu’il dirige pour effectuer un payement jugé indu de loyer évalué à 9,1 millions de Francs et affecter 10 millions de cette même enveloppe à l’équipementier et à l’aménagement de son domicile. L’on se souvient également qu’en 2012, Théodore Nsangou avait été accablé par la Commission nationale anti-corruption (Conac). Le directeur d’Edc était alors appelé à rembourser près de 355 millions Fcfa au Trésor public. Ce montant représentait le coût des véhicules et frais y relatifs prévus dans le marché de la société CWE. Dans la foulée, la Conac va recommander un certain nombre de mesures contre la Commission de passation des marchés d’Edc.

À la suite dudit rapport, dans son traditionnel message délivré le 31 décembre 2012, le président de la République promettra de sanctionner les personnalités accablées par le document dressé par la Conac. «Je suis bien conscient en effet que nous devons encore compter avec l’inertie, l’incompétence, voire la malveillance de certains qui freinent notre redressement. S’y ajoutent la corruption sous diverses formes et la fraude dans la passation des marchés publics. Le récent rapport de la Conac est particulièrement édifiant à cet égard. Il va de soi que ces atteintes à la fortune publique ne resteront pas impunies», dira Paul Biya. Selon le président de la République, « ces comportements délictueux, qui sont le fait d’une minorité, nuisent évidemment à l’image de notre pays. Ils nourrissent les critiques de ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, ne veulent pas reconnaître les progrès que nous avons accomplis au cours des dernières années. Nous serions, selon eux, «immobiles » et notre stabilité serait, elle-même, sujette à caution». «Les dérèglements en question sont d’autant plus condamnables qu’une partie appréciable de notre population connaît encore des conditions de vie difficiles.

Il est clair que les sommes importantes détournées auraient pu contribuer à l’amélioration de son sort dans les domaines de l’éducation ou de la santé. Combien d’écoles, de centres de santé, d’adductions d’eau aurait-on pu construire avec cet argent détourné !», ajoutera le chef de l’État. A travers ces propos, tout portait déjà à croire que des têtes couronnées de la République étaient sur le point de tomber dans les mailles de la justice.

Source: Info Matin N°484

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