C’est une campagne presqu’à l’américaine qui va s’achever samedi prochain. Pour la première fois au Cameroun, la communication a occupé une place centrale dans la compagne électorale d’une élection présidentielle. Si l’usage des réseaux sociaux était la grande découverte, tout comme des bus et des cars podiums pour le transport des équipes de campagne, les slogans, affiches, divers gadgets, médias ordinaires, artistes, mototaxis, etc., ont permis aux différents candidats de faire la cour aux électeurs.

À chaque campagne présidentielle au Cameroun, son lot de slogans. Sobre ou osé, le slogan politique donne le ton des campagnes pour les candidats. Ils sont neuf au Cameroun et chacun a dévoilé son slogan de campagne qui l’accompagnera jusqu’au 7 octobre prochain. Ces neuf slogans ne sont pas identiques. Mais, ils ont un objectif similaire, celui de remporter le scrutin du 07 octobre. Résumés en quelques mots, on peut constater à la lecture de ces slogans, des mots identiques. Toute chose qui rapproche les uns les autres.

Entre « la force de l’expérience » du candidat Paul Biya et « la force de notre diversité » du candidat Joshua Osih, on constate une recrudescence du terme force. Ici, il peut se remplacer par les expressions puissance ou richesse. Dans l’un ou l’autre cas de figure, il a un sens particulier en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. L’un parle de « la force de l’expérience » tandis que l’autre parle de « la force de notre diversité ».

Si on s’intéresse un tout petit peu aux autres slogans de campagne, on verra que d’autres termes se répètent. C’est le cas de « Cameroun » qui revient dans « le Cameroun pour nous tous » du candidat Adamou Ndam Njoya et « le Cameroun qui libère et protège les énergies » de Cabral Libii. Les autres candidats sont sortis du lot dans la formulation de leur slogan de campagne. Serges Espoir Matomba, le candidat du PURS parle de « prends ton destin en main », tandis qu’Akéré Muna du Front populaire pour le développement articule « Maintenant la nouvelle République ».

Maurice Kamto a pour sa part adopté « Ensemble, c’est possible », ce qui n’a rien à voir avec le slogan de Ndifor Afanwi Franklin qui résume son projet de société en ces termes : « Le changement, c’est maintenant ». En s’attardant davantage sur le plan technique, on doit obligatoirement reconnaitre qu’un slogan est en politique une externalisation condensée d’une action à venir. Il doit de ce fait s’adapter à la cible et au contexte tout en restant pertinent, authentique, captivant et surtout sans ambiguïté. Seulement, si on doit rester objectif dans cette analyse, il faut avouer que certains slogans des candidats à la présidentielle du 07 octobre prochain, prêtent à confusion.

Il est parfois difficile pour le profane de distinguer sur une affiche le slogan de la signature. Sur une affiche de Maurice Kamto, on peut se demander quel est véritablement le slogan de ce candidat. Entre « retrouver notre esprit indomptable pour bâtir un Cameroun nouveau » et « Ensemble, c’est possible ». La même confusion se lit sur les effigies du candidat Adamou Ndam Njoya.

Entre « le Cameroun pour nous tous » et « Pour une République éthique, inclusive et prospère ». En bref, il faut simplement dire que le fait d’avoir un slogan et une signature peut être considéré pour certains candidats comme une démonstration de force auprès des électeurs. Seulement, pour ceux-ci, cette double signature peut prêter à confusion et créer l’embarras.

Source: L’Essentiel N°203

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