L’encre de la présidentielle du 07 octobre 2018 n’a pas séché que Bertin Kisop, incarcéré à la prison centrale de Yaoundé, a déposé à lui seul, 14 recours. Dans ses différentes requêtes, Bertin Kisop exige l’invalidation du scrutin du 07 octobre 2018. Une annulation dans toutes les régions du Cameroun et au niveau de la diaspora.

En effet, il accuse le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), d’être en complicité avec Elecam et le Conseil constitutionnel pour la réélection du président sortant Paul Biya. Déjà, le Conseil constitutionnel a notifié les mis en cause. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel attend d’éventuels autres recours jusqu’à ce mercredi 10 octobre 2018 à minuit. D’après des informations recueillies auprès de la haute juridiction mercredi matin, elle avait déjà reçu 15 requêtes.

Le délai du 10 octobre à minuit est conforme aux 72 heures prescrites par le Code électoral. Aussi le Conseil constitutionnel dispose-t-il d’un délai de 15 jours pour vider le contentieux pré-électoral et proclamer les résultats. En effet, il s’agit d’une disposition inscrite dans l’article 137 du Code électoral. Les résultats proclamés par cette haute instance juridictionnelle ne donnent lieu à aucune voie de contestation. Déjà débouté par le Conseil constitutionnel dans le cadre du contentieux préélectoral au mois d’août, Bertin Kisob est une véritable énigme pour les Camerounais. Tout commence le 29 septembre 2011 avec une tentative d’attentat sur le pont du Wouri à Douala. Dans la foulée, le pasteur Bertin Kisob revendique une fusillade sur le pont du Wouri et une attaque dans le Sud-ouest.

Tous ses moyens

«Nous avons l’honneur de revendiquer publiquement ce jour la première attaque faite par nous, éléments de Alpc ces dernières 24 heures sur le pont du Wouri. Nous avons évidemment perdu certains éléments, mais le but ultime a été atteint. Car le régime dictatorial de Biya vient d’apprendre que le mur de la peur est brisé», écrit alors le religieux messianique sur son blog, quelques heures après les événements du pont du Wouri qui avaient semé la panique dans la ville de Douala et même audelà. Le dispositif sécuritaire renforcé à Douala et autour de certains édifices stratégiques comme les ponts à travers le pays, a abouti une semaine plus tard, à l’arrestation du pasteur Bertin Kisob qui sera ensuite détenu au secret.

Des renforts vont d’ailleurs partir de Yaoundé, pour Douala. Jusque-là peu connu, malgré sa candidature (rejetée) à l’élection présidentielle du 09 octobre 2011, l’homme alors âgé de 36 ans va désormais être au cœur de plusieurs interrogations. Est-il un opportuniste qui a juste voulu profiter de cet événement pour se faire voir? Est-il vraiment à l’origine de l’incident sur le pont du Wouri? Est-il en possession de tous ses moyens? Plusieurs jours après sa revendication de l’incident sur le pont du Wouri, le téléphone de Bertin Kisob est resté ouvert. L’homme n’est pas non plus resté inactif, annonçant d’autres actes que son organisation comptait poser. Il revendiquera également une attaque à Isanguele, le 09 octobre 2011, jour de l’élection présidentielle, au cours de laquelle deux gendarmes seront tués. A la suite de la fusillade sur le pont du Wouri, des hauts responsables de la sécurité, dont le directeur général de la recherche extérieure (Dgre) s’étaient pourtant retrouvés autour du gouverneur de la région du Littoral, Faï Yengo Francis, pour évaluer la situation.

38e nom, sur la liste des candidats à l’élection présidentielle du 09 octobre, pour le compte du Cameroon Party For Social Justice, la candidature de Bertin Kisob avait été déposée à Bamenda. Avant d’être rejetée par Elecam. Pasteur, il est le fondateur de l’Eglise Maatiste à Bamenda.

Source: Essingan N°127

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