Des présumés sécessionnistes ont été abattus, alors qu’ils tentaient de s’opposer au bon déroulement du scrutin.

Selon nos sources, au moins sept sécessionnistes présumés ont été tués dans la ville de Bamenda, lors du scrutin d’hier. Vers 6h30, deux d’entre eux, dont un certain « Genesis », présenté comme le chef d’un groupe indépendantiste armé, ont été abattus au rond-point de l’hôpital régional, par une patrouille de l’armée, en possession d’une arme artisanale, de trois boites de chargeurs garnies entre autres. Ils tiraient en l’air pour effrayer les populations qui voulaient aller voter.

Les cinq autres l’ont été à Mile 19, sur la route de Bali, alors qu’ils avaient barricadé la voie et empêchaient le passage des votants. Pour empêcher le vote d’avoir lieu, lesleaders ambazoniens ont organisé durant toute la nuit de samedi à dimanche des séries de tirs sporadiques à l’arme, ce à quoi les forces de défense et de sécurité ont également répondu, comme à leur habitude. Ils avaient promis la guerre, le jour du scrutin. Dans une région devenue globalement inaccessible, Bamenda ressemblait hier à une ville assiégée. Des éléments armés des forces ont été déployés dans les rues et les alentours des centres de vote.

Selon un cadre de la délégation régionale d’Elecam, environ 600.000 électeurs devaient initialement aller au vote, dans 2343 bureaux de vote. Ils ont été finalement orientés vers 79 centres de vote à travers la région dont 13 à Bamenda, malgré l’appel au boycott et à la ville morte. Pour l’essentiel, la population, peureuse, est restée terrée dans les domiciles.

L’insécurité ambiante a provoqué l’abstention de nombreux citoyens, qui voulaient bien participer au choix du président de la république. Ceux qui voulaient voter devaient parcourir des distances considérables pour mettre un bulletin dans l’urne, exercice auquel peu de courageux ont souscrit.

Malgré les assurances du ministre de la Communication, Issa Bakary Tchiroma, selon lesquelles « une large majorité des habitants » de la région était prête à aller voter, de nombreux chrétiens se sont cloitrés chez eux, après les offices religieux. « Les conditions de sécurité sont peut-être réunies, mais les cas de confusion d’ennemi sont légion depuis le début de cette crise », assure un enseignant, qui a refusé d’aller voter. En effet, à Ndop, chef-lieu du département du Ngoketunjia, on rapporte qu’un jeune séminariste a été tué de trois balles dans la nuque par des soldats qui ont débarqué après la messe, il y a trois jours. Par contre, Ni John Fru Ndi, le leader du Sdf a voté à l’école publique du Gmi. Idem pour le Premier ministre, Philemon Yang.

Tôt dans la matinée, à Bafut, dans la périphérie de Bamenda, des assaillants non identifiés ont tenté d’incendier un bureau de vote avant d’être repoussés. La veille à Santa, ville limitrophe de l’Ouest francophone, à 15km de Bamenda, d’autres s’en sont pris à la résidence privée de l’ancien Premier ministre, Simon Achidi Achu.

Pour la première fois dans l’histoire postindépendance du Cameroun, l’insécurité a empêché tous les candidats de faire campagne dans les régions anglophones. Le gouvernement, qui avait assuré que le scrutin se déroulerait sur l’ensemble du territoire dans la plus grande sérénité, n’a pas pu assurer la mobilité des candidats, y compris le sien. Surtout que la plupart des habitants ont préféré fuir le chaudron, avant l’élection.

Source: Le Jour N°2784

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