Après plusieurs mois de silence et où la délégation permanente de signature a suscité plusieurs remous au sein de l’opinion, le Chef de l’Etat resserre l’étau autour de son « vice président » Ferdinand Ngoh Ngoh, en prenant personnellement des décrets.

On le croyait affaibli, distant, et à bout de souffle dans la gestion des affaires courantes de son pays. A 86 ans, le président camerounais Paul Biya est certainement un fin stratège dans l’agencement des éléments et évènements dans la consolidation du pouvoir. Imprévisible, il a su se débarrasser avec maestria, de tous ses proches collaborateurs qui ont tenté de lui faire un croc en jambe afin de s’accaparer de son pouvoir. Le maître du temps et des horloges à Yaoundé est en train de se libérer de celui que Jeun Afrique a présenté au monde comme le « Vice Président ». A travers la série de décrets signés par Paul Biya le 06 novembre 2019, le Chef de l’Etat camerounais, indique clairement la voix que devra suivre l’actuel Secrétaire Général à la Présidence Ferdinand Ngoh Ngoh.

La délégation de signature sous fond de « pouvoirs »

Ce geste intervient au lendemain de vastes remous qui avaient suivi un décret présidentiel, signé en date du 09 février 2019. Il s’agissait alors en tout début de la première année du septennat jugé de trop par de nombreux observateurs, d’un acte du Chef de l’Etat, portant « délégation permanente », au Ministre d’Etat, Secrétaire général à la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Pour une franche de la population, ledit décret était simplement injustifié et partisan.

Dans la mesure où, il venait renforcer l’autorité d’un proche collaborateur du Président de la République, pointé du doigt parmi les principaux responsables de l’échec de l’organisation de la Can 2019 au Cameroun. Pour d’autres par contre, il s’agissait simplement d’un acte illégal.

Bien que la Constitution prévoie clairement que le Chef de l’Etat, peut déléguer son pouvoir réglementaire. Longtemps apparu comme l’homme de confiance de Paul Biya, il a su bénéficier du soutien de la première dame, en prenant soin de bien garder secret, ses ambitions. Mais la « délégation permanente » de signature souvent confondu à la délégation de pouvoirs est certainement trop tentante pour ne pas lorgner le pouvoir présidentiel. Notamment, dans un environnement ou l’alternance au plus haut sommet de l’Etat ne fait plus l’ombre du moindre doute, bien plus, n’est qu’une question de temps.

Le couac de trop

La descente aux enfers du « Vice Président », ne date pas de ces jours ci. Il avait déjà été au centre de l’attribution de la quasi-totalité des chantiers qui avaient conduit au retrait de la Can 2019 au Cameroun. Son nom a été plusieurs fois cité, à tord ou à raison, comme le parrain du Directeur Général de Prime Automac, Ben Bodo, dont les scandales des chantiers de stades ont fait coulé beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opinion. La goute d’eau qui est venue déborder le vase, que l’homme du renouveau n’a pas pu digérer, c’est certainement cette correspondance de son Secrétaire Général à la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, intimant l’ordre au Premier Ministre de sursoir à toute proposition de nomination à la tête des sociétés d’Etat.

Une correspondance qui a vite suscité de vives réactions dans les couloirs de la Présidence de la République à Etoudi. « Jusqu’à 22 heures à la veille de la cérémonie d’inauguration du Centre National de Commandement de la Vidéo Surveillance, c’est le Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence de la République qui devrait présider la cérémonie. On ne sait comment les choses se sont passées pour que ce soit plutôt le Premier Ministre chef du gouvernement qui soit à l’inauguration »; nous révèle une source digne de foi, le 21 août 2019, du coté du nouveau Centre Administratif, où se tenait la cérémonie.

La messe semble dite

Des sources non officielles indiquent néanmoins que le Chef de l’Etat aurait instruit une enquête contre son SGPR. En procédant personnellement à la nomination de nouveaux Inspecteurs au Contrôle Supérieur de l’Etat, il a voulu s’assurer du non contrôle de ces nouveaux hommes par son SGPR. Ce dernier paye ainsi, les frais d’une liberté poussée de lorgner le fauteuil du prince en voulant fouiner trop près, dans les affaires de la France.

Laquelle dans le même temps, aurait transmis, lors du passage du ministre Jean-Yves Ledrian, transmis toute une série de dossiers à charge contre Arrivé le 09 décembre 2011 au Secrétariat Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, est le 18ème à ce poste et 16ème sous l’ère Biya. Avec 7 ans 10 mois et 28 jours, l’homme détient le record de longévité à ce prestigieux poste.

Source: camerounlink.com

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