Affaire du journaliste Amadou Vamoulke : droit de réponse à M. Bela Belinga Isaac Joel

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Nous, avocats de Me Amadou VAMOULKE, souhaitons apporter certaines précisions suite au droit de réponse de Me BELA BELINGA à l’article publié par Jeune Afrique le 15 juin 2021, intitulé « Cameroun : avec Amadou Vamoulké, la justice court sur le tête ».if(typeof __ez_fad_position != ‘undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-3-0’)};

Monsieur BELA BELINGA, avec sa société BBI Advisory & Audit, a procédé à un audit des comptes de la CRTV (Cameroon Radio Television) sur la base duquel des poursuites judiciaires ont été engagées contre notre client sur la base d’allégations de détournement de fonds publics totalement fallacieux.

Monsieur BELA Belinga estime pouvoir clore tout débat à son sujet en énumérant la liste des diplômes, titres et fonctions qu’il prétend avoir, sans pour autant pouvoir dissiper les nombreux doutes qui pèsent sur le sérieux avec lequel il vérification des comptes de la CRTV juste après l’arrestation de M. VAMOULKE.

D’une part, les conditions de désignation de la société BBI ADVISORY & AUDIT par la CRTV pour auditer les comptes annuels de la société sont pour le moins inquiétantes.
Ainsi, après que BBI a envoyé son offre de services à la CRTV le 29 août 2016, le ministre des Marchés publics a écrit au PDG de l’entreprise, lui demandant dans un premier temps de « procéder à la consultation d’au moins trois cabinets d’expertise comptable » et de soumettre le dossier à la commission interne d’appel d’offres pour enquête et avis ».
Cette consultation n’aura jamais lieu et BBI, malgré son offre très supérieure au prix du marché (80 millions de francs CFA facturés pour l’ensemble de ses commandes), sera autorisée par la CRTV à auditer ses comptes.

Hormis l’opacité des termes de la désignation BBI, on est étonné de la vitesse anormale à laquelle la mission a été « réalisée ».
Le contrat confié à BBI ne devait initialement couvrir qu’une période du 1er janvier 2015 au 30 juin 2016, mais couvrait en réalité 6 ans et demi (du 1er janvier 2010 au 30 juin 2016), sans pouvoir Explique le.
Si l’audit devait donc s’étaler sur six ans et demi, la mission de BBI n’a duré que deux mois et demi, ce qui est peu pratique compte tenu de la quantité d’informations à traiter.
Monsieur BELA BELINGA peut nier que sa mission ait duré 6 ans et demi, ceci est expressément inclus dans l’offre de services qu’il a adressée à la CRTV le 29 août 2016.

if(typeof __ez_fad_position != ‘undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-4-0’)};En revanche, il apparaît que lors de la vérification des comptes de la CRTV, la société BBI a d’emblée créé un compte débiteur au nom d’Amadou VAMOULKE, pour un montant de 2.143.273.911 FCA.
Il ne fait aucun doute que cette ligne comptable fictive a été créée dans le seul but – assez maladroitement – de réaliser le prétendu détournement de fonds reproché à Monsieur VAMOULKE, en violation des règles déontologiques les plus élémentaires de la profession comptable reconnue.
Cette supercherie a été mise en lumière par le cabinet d’expertise comptable BEKOLO & Partners, qui a succédé à BBI après sa démission à la demande du Conseil d’Administration de la CRTV en juin 2018, compte tenu de la « Non-respect des règles déontologiques », de « Non-respect des obligations contractuelles » et, enfin, de « Le non-respect des principes de bonne foi et de saine coopération ».
Les honoraires perçus par BEKOLO & Partners, dont la réputation n’est plus à faire au Cameroun, étaient également nettement inférieurs à ceux facturés par BBI à la CRTV.
D’autres éléments doivent également être soulignés, qui illustrent le caractère totalement fictif des allégations contre M. VAMOULKE.

Bien que le commissaire aux comptes de la CRTV, président de la commission des finances de la CRTV, ait assuré que les comptes de la société étaient réguliers, son avis n’a tout simplement pas été pris en compte par BBI.
En outre, alors qu’il siégeait au conseil d’administration de la CRTV qui apurait les comptes de la CRTV contrôlée par la BBI, le secrétaire au Trésor s’est par la suite constitué partie civile dans la procédure pendante devant le Tribunal pénal spécial contre M. VAMOULKE.

Ministère des Finances pour lequel Monsieur BELA BELINGA affirme également travailler régulièrement, dans un mélange des genres très malsain.
Il faut encore une fois rappeler que le caractère tout à fait imaginatif du détournement de fonds reproché à Monsieur VAMOULKE, pour une somme initiale de 25 milliards de FCFA, soit un montant supérieur au budget annuel de la société, et incluant des créances douteuses vieilles de 20 ans, lorsque M. VAMOULKE n’était pas encore directeur général de la CRTV.
Enfin, il convient de donner des détails fondamentaux sur le curriculum vitae de M. BELINGA, dont il est fier à maintes reprises.

Il ressort de la base de données theses.fr (tenue par l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur) que la thèse de M. BELA Belinga sur « Dépréciation du Capital Humain » est encore en cours de rédaction à ce stade, depuis 2013.
Il n’est pas non plus titulaire d’un Master d’HEC Paris, l’Ecole nous ayant explicitement indiqué que Monsieur BELA BELINGA ne faisait pas partie de ses anciens étudiants.

Ce qui met très sérieusement en perspective les nombreux titres dont il est fier dont il…
Enfin, Monsieur BELA BELINGA ajoute la confusion concernant les décisions de justice rendues en France à l’encontre des sociétés BVA AUDIT & CONSEIL France et BBI ADVISORY & AUDIT dont il était président et qui ont fait l’objet de liquidations judiciaires en 2017.
Aussi, il suffit de consulter ces relevés de 2017 pour conclure qu’ils n’ont pas été donnés après une suite « Une restructuration d’entreprise, peut-être le résultat d’une volonté claire », mais bien dans les deux cas d’actifs insuffisants.
La société BBI ADVISORY & AUDIT de M. BELA BELINGA a également été finalement condamnée en mai 2016 par le tribunal de commerce de Lyon pour impayés.

S’il ne s’agit pas d’une infraction pénale (nous n’avons jamais évoqué le casier judiciaire de Monsieur BELA BELINGA), ces deux liquidations permettent néanmoins d’amoindrir fortement le crédit professionnel que s’accorde Monsieur BELA Belinga en vertu de son droit de réponse.

Rappelons que cette affaire est d’une extrême urgence, Monsieur Amadou VAMOULKE, journaliste septuagénaire reconnu mondialement pour son intégrité et son honnêteté, est gravement malade et est détenu illégalement depuis près de cinq ans dans le cadre de deux procédures judiciaires sans aucun et qui a établi un record de 72 mises à pied consécutives.

L’ONU et de nombreuses organisations internationales (Reporters sans frontières, Fédération internationale des droits de l’Homme, Médias Défense, REDHAC, CIRLAV, etc.) demandent sa libération immédiate. Nous mettrons tout en œuvre pour faire la lumière sur les allégations fictives contre M. VAMOULKE dans les plus brefs délais et à la production desquelles, nous en sommes convaincus, M. BELA BELINGA a largement contribué.

Benjamin CHOUAI, avocat au tribunal de Paris
Fabrice EPSTEIN, avocat au Tribunal de Paris
Alice NKOM, avocate au barreau de Douala

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Ref. : 237online.com

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