Manifestement convaincus de l’issue défavorable du procès qui s’ouvre aujourd’hui, Maurice Kamto et ses coaccusés veulent gagner la bataille de l’opinion.

Après l’échec de leur collectif d’avocats d’obtenir qu’ils soient jugés devant une juridiction civile, Maurice Kamto, ses principaux alliés que sont Christian Penda Ekoka, Paul Eric Kingue, Albert Dzongang, Philippe Gaston Abé Abé (Valsero) et plusieurs hauts cadres de son partis, sont attendus demain vendredi au Tribunal militaire de Yaoundé où s’ouvre, plus de sept mois après leur arrestation, le procès des « marches blanches » du 26 janvier 2019.

Dans une lettre commune adressée le 02 septembre dernier à la présidente de cette juridiction, Maurice Kamto et ses compagnons d’infortune, pour qui, à travers ce procès, « la justice, peut-être à son corps défendant, tient une responsabilité historique dans le devenir » du Cameroun, se disent prêts à comparaître devant le Tribunal militaire dont la contestation de la compétence est officiellement la cause du piétinement dudit procès depuis février.

A une seule condition. « La justice étant rendue au nom du peuple camerounais, outre le traditionnel ‘’public’’ composé de militaires et d’autres éléments des forces de sécurité expressément réquisitionnés pour empêcher les citoyens d’être présents dans la salle d’audience, nous attachons le plus grand prix au libre accès du vrai public dans la salle d’audience durant toute la durée du procès, ainsi que l’autorisation d’accès à la salle d’audience des médias publics et privés, nationaux et internationaux », exigent-ils.

Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et ses alliés jurent qu’ils ne se rendront pas aux audiences tant que cette demande n’est pas satisfaite. A 24 heures de cette audience et sous-réserve de la réaction du juge, leur présence au Tribunal militaire demain est hypothétique. Sur les réseaux sociaux, le procès semble avoir commencé.
Dans un document en circulation, Penda Ekoka assure aller à ce procès « le coeur léger, la tête haute, conscient de la justesse de [son] combat pour la liberté et la dignité de [ses] compatriotes, en particulier les jeunes et les générations futures ».

Explosif

Avocat et enseignant de droit de renommée internationale, Maurice Kamto qui s’est entouré d’un bataillon d’hommes en robes noires pour assurer sa défense semble avoir décidé d’agir désormais comme une bête blessée et traquée. Il tient visiblement à faire ce qui est plus que nécessaire pour se protéger dans ce qu’il considère comme une machination du pouvoir pour l’anéantir politiquement.

Par ailleurs, en exigeant qu’en plus des médias et du public, certaines personnalités de la République et de hauts responsables de l’appareil sécuritaire, à l’instar du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, du délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, du directeur général de la Recherche extérieure, Léopold Maxime Eko Eko, ou en encore du directeur de la Sécurité militaire, Joël Emile Bamkoui, comparaissent dans le cadre de cette affaire en qualité de témoins, le leader du Mrc semble préparer l’opinion nationale et internationale à quelque-chose d’explosif.

Le gouvernement avait dit détenir les preuves de ce que la Brigade « anti-sardinards » (Bas), auteure du saccage des ambassades du Cameroun à Paris, Londres et Berlin le 26 janvier, est liée au Mrc et a agi sur ordre de son président, Maurice Kamto. Ce dernier et son parti s’en sont toujours défendus.

L’accusation sera donc appelée à présenter ses éléments de preuves
. A l’analyse, à défaut de vouloir en faire une sorte de procès du siècle, le candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle d’octobre 2018 et ses lieutenants ont comme l’intention de profiter de cette tribune pour lancer le deuxième round du palpitant contentieux post-électoral de l’an dernier.

Pour mémoire, Maurice Kamto et Cie sont poursuivis pour, entre autres chefs d’accusations retenus par le Tribunal militaire en février dernier, « hostilité contre la patrie », « rébellion », « terrorisme », « incitation à l’insurrection » et « outrage au président de la République ».

Ces motifs les exposent théoriquement sinon à la peine de mort qui n’a plus été exécutée au Cameroun depuis plus de trois décennies bien qu’elle soit restée en vigueur dans le Code pénal de 2016, du moins à la prison à vie.

Source: camer.be

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