Le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, en Haute-Garonne, s’est effondré ce lundi. Les pompiers et les gendarmes sont mobilisés en nombre. Une jeune fille de 15 ans est morte, il y a plusieurs blessés légers, au moins une personne est encore portée disparue.

Le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), petit village d’environ 1.000 habitants au nord de Toulouse, s’est effondré ce lundi 18 novembre vers 8h10. Au moins deux véhicules, une Renault Clio et un poids lourd ont fait une chute de 19 mètres de haut. Une adolescente est décédée. France Bleu Occitanie est sur place et a pu recueillir de nombreux témoignages, suivez notre édition spéciale de 16h à 19h. 

Ce que l’on sait :

  • Vers 8h10, le pont s’effondre alors qu’un poids lourd le traverse et une Renault Clio arrive en face
  • Une adolescente de 15 ans, habitante de Mirepoix-sur-Tarn, qui était dans la Clio, est décédée. Sa mère a été sauvée par des riverains, elle est en état de choc. Quatre autres personnes sont blessées : deux témoins qui sont allés aider les personnes dans l’eau et qui sont en urgence relative, ainsi que deux pompiers. Au moins une personne est recherchée, le conducteur du poids lourd.
  • Selon les informations de France Bleu Occitanie, le camion transportait sur sa remorque un autre engin et leur poids total dépassaient largement les 19 tonnes autorisées. Le convoi, qui appartenait à l’entreprise Puits Julien Fondation, dont le siège est à Bessières, ferait pas moins de 44 tonnes.
  • Le pont lui n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible. Son inspection en 2017 n’avait révélé aucune faille de sécurité.
  • Le gouvernement a lancé une enquête diligentée par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT). Une enquête judiciaire est menée par les gendarmes de Haute-Garonne sous l’autorité du parquet de Toulouse et une 3e enquête administrative est également en cours.
  • Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire sont attendus sur place ce lundi après-midi.
  • Trois hélicoptères, 67 sapeurs pompiers, 56 gendarmes, deux équipes de plongeurs et deux équipes avec des bateaux zodiac sur la rivière Tarn sont mobilisés. Les conditions de recherches sont difficiles au vu de la température de la rivière.
  • Une cellule de crise est mise en place, avec l’association France Victimes 31. De nombreuses personnes ont été prises en charge.

Une personne décédée, plusieurs blessés, au moins un disparu

Ce lundi, le tablier du pont de Mirepoix-sur-Tarn s’est détaché vers 8h10. A ce moment-là, deux véhicules au moins étaient sur ce pont :  une Renault Clio, dans laquelle se trouvait la jeune fille décédée, et un poids lourd qui arrivait en face. Une adolescente de 15 ans, habitante de Mirepoix-sur-Tarn, qui était dans la voiture, est décédée, sa mère a été sauvée par des riverains, en état de choc. Plusieurs personnes sont blessées dont deux témoins qui sont allés aider les personnes dans l’eau et qui sont en urgence relative, ainsi que deux pompiers. Un car scolaire est passé juste avant l’effondrement du pont. Au moins une personne est recherchée, le conducteur du poids lourd. Un véhicule utilitaire est également recherchée, mais à cette heure il n’est pas certain qu’un tel véhicule était sur le pont.

Un important dispositif de secours et de sécurité est mis en place, avec notamment trois hélicoptères, 67 sapeurs pompiers, 40 gendarmes, deux équipes de plongeurs et deux équipes avec des bateaux zodiac sur la rivière Tarn. Les conditions de recherches sont difficiles au vu de la température de la rivière.

Un camion de plus de 44 tonnes

Selon les informations de France Bleu Occitanie, le camion qui a traversé le pont transportait un autre engin sur sa remorque, et cet engin faisait à lui seul 19 tonnes. Le camion et son chargement pèseraient près de 44 tonnes, soit bien plus que la limite autorisée. Le convoi appartenait à l’entreprise Puits Julien Fondation, dont le siège est à Bessières, la commune de l’autre côté du pont.

Ce pont était interdit aux plus de 19 tonnes. « Il a été inspecté de façon détaillée en 2017. Le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018 et il devait y avoir une révisions dans les prochaines semaines », a expliqué Georges Méric, président du conseil départemental de Haute-Garonne. Il assure que ce pont n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible et ne bénéficiait pas d’une surveillance particulière. Par ailleurs, un énorme panneau rouge indique à l’entrée du pont : « Danger, un seul poids lourd sur le pont ». Ce pont suspendu a été construit en 1931 et inauguré en 1935, il mesure de 155 mètres de long et 6.50 mètres de large. Il avait été rénové en 2003. La dernière inspection du pont a été faite en 2017, selon le conseil départemental, et n’avait rien révélé de particulier.

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn - Radio France
Le pont de Mirepoix-sur-Tarn © Radio France – Théo Caubel

« C’est un pont qui était entretenu, des contrôles étaient faits par le Département. Mais là il n’y a plus de pont« , explique le maire de Mirepoix-sur-Tarn, Eric Oget.

« Là il n’y a plus de pont ! », le maire de Mirepoix-sur-Tarn Eric Oger

Eric Oget, le maire de Mirepoix-sur-Tarn - Radio France
Eric Oget, le maire de Mirepoix-sur-Tarn © Radio France – Sandrine Morin

Passage très emprunté

Selon une habitante de Mirepoix-sur-Tarn, en direct sur France Bleu Occitanie, « le pont était le seul axe qui nous reliait à l’autoroute notamment et il était emprunté par tous les habitants de Mirepoix et des communes alentours. » Cette femme parle d’une _ »vision d’horreur de voir ce tablier dans l’eau. »  Jean-Luc, un autre habitant, qui tient une entreprise de charcuterie détaille : « Les camions de plus de 19 tonnes il en passait tous les jours, sinon ils doivent faire un détour. Des bus aussi. »_

Deux secrétaires d’Etat attendus sur place, trois enquêtes ouvertes

Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire sont attendus sur place dans l’après-midi. Des experts du centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) doivent aussi aller sur les lieux. Par ailleurs, une cellule de crise est mise en place, avec l’association France Victimes 31. De nombreuses personnes ont été prises en charge.

Trois enquêtes sont ouvertes. Le gouvernement a annoncé ce lundi le lancement immédiat d’une enquête par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT). Une autre, judiciaire, est menée par les gendarmes de Haute-Garonne sous l’autorité du parquet de Toulouse. Enfin, la 3e enquête est une enquête administrative.

« Nous allons essayer de comprendre, tirer toutes les leçons et mettre en oeuvre toutes les responsabilités qui seraient identifiées », a dit le Premier ministre Edouard Philippe, en marge de son déplacement à Dakar. « C’est un accident tragique », a-t-il également déclaré. Je voudrais dire un mot à ceux qui voyant l’accident ont eu le courage d’intervenir et d’essayer de sauver ceux qui pouvaient l’être, c’est un mot d’admiration et de reconnaissance ».

Un secteur à éviter

Avis aux automobilistes : évitez absolument le secteur de Mirepoix-sur-Tarn pour faciliter l’accès aux secours. La D71 est coupée et la circulation perturbée. Des déviations sont mise en place, notamment via Bessières.

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