« Hors-la-loi », « Insolence », … Le camp du président Biya n’a pas ménagé les concepts pour répondre à Maurice Kamto qui venait de se déclarer vainqueur de la présidentielle du 7 octobre. Des répliques au relent de menace.

« J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué. J’ai reçu du peuple un mandat clair que j’entends défendre jusqu’au bout », ainsi, parlait cet après-midi Maurice Kamto lors d’une conférence de presse.

C’est donc clair. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est convaincu de sa victoire à cette présidentielle. Tant il a reçu un jour avant le vote le soutien d’un autre candidat de poids, Akere Muna, qui s‘était retiré de la course en sa faveur.

Et l’avocat et ancien ministre délégué à la justice a même promis d’assurer la protection du chef de l’État, une fois à la magistrature. « J’assure au président Paul Biya et sa famille toutes les garanties de sécurité, d’immunité et de respect dues à son statut et au rang des siens », a déclaré Kamto.

Mais, à peine des organes de presse venaient-ils de commencer la diffusion de l’annonce, que le camp du président Biya s’est livré à une réplique fort cinglante. Grégoire Owona, ministre du travail et secrétaire-général adjoint du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), par exemple, reproche à Kamto d’avoir invité « insolemment le président Paul Biya à organiser la passation du pouvoir! ».

Pour le ministre de la Communication, Maurice Kamto est un hors-la-loi. « M. Kamto est manifestement un hors-la-loi », a déclaré Issa Tchiroma Bakary. Et d’ajouter : « Quiconque se met en travers (des institutions nationales) rencontrera naturellement la rigueur de la loi, parce que la force appartient à la loi ».

Le conseil constitutionnel seul habilité à proclamer les résultats

Une manière sans doute de rappeler le précepte émis vendredi dernier par Paul Atanga-Nji, ministre de l’Administration territoriale (intérieur), lequel avait affirmé que « toute forme de remise en cause du verdict des urnes en dehors des voies légales ne serait pas tolérée ».

Au Cameroun, seul le Conseil constitutionnel, composé de proches du président Biya, est habilité à proclamer des résultats, au plus tard deux semaines après le scrutin.

Dès lors, le régime de Paul s’arrêtera-t-il à cette simple réplique médiatique ? Ira-t-il plus loin ? Et comment réagira le camp de Kamto en cas de mesures comme l’arrestation ? Et les conséquences sur l’unité nationale déjà fortement « entamée », selon des observateurs par la crise anglophone ?

Difficile de répondre avec exactitude. Toutefois, on n’est pas trop loin des scénarii à la gabonaise quand le pays d’Omar Bongo a connu une vague de violences et d’arrestations en août 2016 après que le principal candidat de l’opposition se fut déclaré vainqueur de la présidentielle remportée par Ali Bongo Ondimba.

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