Si nostalgiques et adeptes du néocolonialisme continuent de crier haro sur la cessation du contrat de concession du Groupe Bolloré au Port Autonome de Douala, il est pourtant une raison suffisante et pertinente militant pour ce faire.car, entre investissements à doses homéopathiques et reversement microscopiques, on aura vite compris que Bolloré ne travaillait guère pour faire de Douala, la référence portuaire en Afrique comme l’ambitionnent pourtant les dirigeants de cette structure.

En effet, scrutant les performances globales annuelles du concessionnaire d’alors, on se rend rapidement compte qu’il n’assurait au concédant qu’à peine 4,5% des recettes qu’il réalisait en l’occurrence 600 millions de F Cfa reversés au PAD pour un chiffre annuel cumulé de 13 milliards en moyenne. Autant dire, du menu fretin pendant que plus de 12 milliards étaient rapatriés en France, sans que ledit groupe s’oblige par ailleurs au moindre investissement qui était plutôt financé par l’Etat du Cameroun via le Port Autonome de Douala, notamment pour les équipements de manutention tels les portiques ou encore les travaux d’extension des différents parcs et même les travaux du dragage du chenal, le groupe Bolloré ne s’activant en réalité que dans la corruption de dirigeants et autres pour obtenir l’essentiel des marchés juteux de l’espace portuaire non sans confiner les opérateurs nationaux de la filière à des rôles de faire-valoir.

Avec autant de griefs, on comprend aisément que son éviction du Port autonome de Douala ait été célébrée sur la place portuaire où l’activité était jusqu’ici rythmée par ses soins, quand le même groupe ne se laissait pas aller à un esclavagisme primaire en distribuant des rétributions d’indigents à plus d’un millier d’employés. Or, l’avènement imminent d’un nouveau concessionnaire viendra sonner le clap de fin des mouvements d’humeur itératifs en renforçant du même coup les performances mélioratives du PAD qui pourrait désormais recevoir du nouveau concessionnaire jusqu’à 24 milliards de F Cfa, soit près du double du chiffre d’affaires que réalisait Bolloré, ce qui de fait induit qu’il minorait à dessein ses recettes pour ne pas avoir à améliorer sa redevance vis-à-vis du PAD, quand bien même il est de notoriété que DIT par exemple traite seul plus de 75% du trafic au Port Autonome de Douala.

Comme quoi, cette éviction vient à point nommé pour doper davantage la capacité d’autofinancement du PAD qui en a grandement besoin pour accroître son attractivité et se rapprocher au mieux de son ambition de port de référence en Afrique aux plans qualitatif et compétitif en ce qui concerne les prestations offertes aux usagers.

Source: camerounweb.com

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