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Si le néo retraité s’est ainsi payé le scalp de son ancien équipier en sélection sur les plateaux de télévision jeudi dernier, c’est bien parce qu’il en avait gros sur le cœur contre lui. Explications.

Une fois qu’il foule sa terre natale, Samuel Eto’o épouse la couleur locale. La grande mise en scène qui a mobilisé 4 chaines de télévision nationales, le jeudi 12 novembre 2019, avait des airs de déjà-vu. Rappelez-vous de cette autre grand-messe orchestrée par le Pichichi aux sortir de la Coupe du monde calamiteuse de 2010. Ou encore de cet autre entretien amical accordé à Charles Ndongo en juin 2008 et intitulé : « le héros face à la controverse ». A chaque fois, Eto’o esquive le cambouis de la contradiction journalistique pour se faire servir du caviar en mode communication. Les journalistes choisis sont à chaque fois parfaitement ignares des questions de football et permettent au héros de voguer en eau calme et de régler quelques comptes. Une fois encore, Eto’o a fait comme ceux qui nous dirigent. Il a choisi le jour, le lieu, les journalistes pour son grand show médiatique qui a tenu son peuple en haleine. C’était son droit le plus absolu, voyons ce qu’il en ressort.

Carton jaune à Seidou Mbombo Njoya

Durant cet entretien simultanément diffusé sur Canal 2, Vision 4, la Crtv et Stv et qui a duré le temps d’un match de football plus prolongation, Samuel Eto’o a habilement cherché et trouvé ses cibles. Il a liquidé sans coup férir le prétentieux Petrus Boumal qui l’avait accusé d’avoir imposé des joueurs au sélectionneur Clarence Seedorf lors de la Can 2019 en Egypte. « Si j’étais méchant j’aurais porté plainte… je l’aurais tué de mes propres mains », a sèchement répliqué l’ancien buteur. Problème réglé donc.

Ce menu fretin liquidé, il fallait penser aux gros poissons. L’un d’eux se nomme Seidou Mbombo Njoya que Samuel Eto’o a personnellement porté au sommet de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). « Samuel a dépensé plus de 200 millions Fcfa pour sa campagne et là il commencé à n’en faire qu’à sa tête », nous souffle l’un des membres du dernier carré des fidèles de l’ancien footballeur. Le portail des camerounais de Belgique. « Les deux ne se parlent presque plus, Seidou a négocié le contrat avec Le Coq Sportif tout seul, en plus on voit bien qu’il manque de personnalité et ne sait pas tenir tête au ministre Mouelle Kombi qui se positionne comme un ennemi de Samuel », ajoute-t-il.

On comprend mieux les propos de l’ancien capitaine des Lions Indomptables, rappelant que la Fécafoot est « indépendante » et incitant « Seidou » à prendre ses responsabilités. On comprend mieux ce « je peux lui retirer mon soutien et l’apporter à quelqu’un d’autre », déjà martelé dans un entretien accordé juste après sa retraite à Alain Foka de Rfi et réitéré avec emphase jeudi dernier. Seidou Mbombo sait désormais à quoi s’en tenir. D’autant plus qu’il n’a pas su faire entendre raison à Thomas Libih, l’ancien sélectionneur des U17, qui a refusé d’intégrer 5 binationaux dont Etienne Eto’o, le fils de Samuel, pour la dernière coupe du monde de la catégorie disputée au Brésil, évoquant un décret présidentiel qui proscrit pareille convocation. S’il est à présent sur une corde raide, Seidou n’est pas encore totalement tombé en disgrâce aux yeux de l’ancien attaquant du Fc Barcelone. Un privilège que ne partage pas un Patrick Mboma, savamment passé à la moulinette par Samuel Eto’o lors de son show télévisé. Et pourquoi donc ?

« Samuel s’est senti trahi »

Pour comprendre le courroux du Pichichi, il faut une fois encore revisiter son univers psychologique. « C’est quelqu’un qui sait aimer, qui sait donner mais qui ne supporte pas les coups bas », nous confie notre source. « Samuel s’est toujours battu pour Mboma, il a même tout fait pour qu’on le nomme manager général des Lions mais le dossier a été bloqué à cause du problème que ce dernier avait avec Pierre Wome », précise-t-elle. Jusqu’ici Mboma rendait plutôt bien la pareille à son ancien compère sur le front de l’attaque des Lions. On a ainsi vu l’ancien parmesan se précipiter au match de gala (finalement annulé pour des raisons de sécurité) que Eto’o organisait à Antalya en mai 2016. « Eto’o est le meilleur footballeur de tous les temps », répétait-il à l’envi lorsqu’il lui était donné de se prononcer sur la carrière du quadruple ballon d’or africain. Qu’est-ce qui a donc pu diviser les deux légendes camerounaises ? « C’est Seedorf, souffle encore notre source. Mboma savait très bien qu’il était arrivé au Cameroun par Samuel, il aurait dû lui parler avant de critiquer Seedorf ainsi fortement ».

Reconnaissons quand même que le ballon d’or africain 2000 n’y était pas allé de main morte à la nomination du technicien néerlandais et de son compatriote Kluivert. Dans un entretien accordé au site du magazine Sofoot Mboma marquait sa ferme opposition à la venue du Néerlandais : « Seedorf a une expérience d’entraîneur très légère : il n’est jamais resté plus de six mois en fonction, que ce soit à l’AC Milan, au FC Shenzhen ou au Deportivo La Corogne. Il n’a jamais eu de résultats très probants. Il n’a pas réussi à sauver le Depor de la relégation. Quant à Kluivert, qui sera son adjoint, il n’a été sélectionneur que de Curaçao. Cela me semble quand même très léger », déclarait-il avant d’enfoncer le clou : « je suis étonné que le Cameroun, à moins d’un an de la CAN qu’il va organiser, choisisse deux hommes qui n’ont jamais travaillé en Afrique, qui ne connaissent sans doute pas très bien le football africain… Si on me demande si je cautionne ce choix, je réponds non ». Voilà le noeud du problème.

La guerre des tweets

Non seulement Mboma était contre ce choix instigué par Eto’o mais en plus il a commis l’impair de prendre position publiquement alors qu’il aurait pu en toucher quelques mots à son ami. Et comme on ne la fait pas à notre « Ngambe » national, ce dernier a ruminé cette rancoeur avant de placer sa brandille. « Je reproche à Patrick plusieurs choses. Tu ne peux pas critiquer un entraineur qu’il n’a pas d’expérience et dans le même temps, toi aussi sans expérience tu viens postuler au même poste. Il y a quelque chose qui ne va pas là », a-t-il déclaré jeudi dernier, réagissant à la récente candidature infructueuse de Patrick Mboma au poste de sélectionneur national des Lions Indomptables.

Toujours aussi sobre, Mboma a répliqué dès le lendemain d’un cinglant « le chien aboie, la caravane passe » sur son compte Twitter. Mais avec Eto’o il faut pouvoir tenir la partie. Le Pichichi est tout de suite revenu à la charge pour repréciser sa pensée via…Twitter : « Apparemment la caravane a eu un moment pour faire un commentaire. Mon conseil reste valable », a repris celui qui en est à son énième conflit avec diverses personnalités du football camerounais.

Source: camer.be

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