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Personne n’ose en parler ouvertement au Cameroun, y compris dans le décor aseptisés des salons feutrés de la Yaoundé. Sûrement de peur d’être celui par qui le scandale est arrivé. Réminiscence du glacis verbal de la période monolithique. Mais l’histoire a besoin d’être revisitée.

Tout commence en 1965. A cette époque, après avoir dompté la rébellion de Mme Marguerite Mbida au nom du Pdc qui bravant la terreur a osé défier son pouvoir aux législatives de 1964, Ahidjo veut un homme à poigne pour pousser l’ensemble de la classe politique à accepter l’idée du Parti unique. Il opte pour Vincent de Paul Ahanda. Puissant hobereau de la Mefou et Akono, il a été débauché par Ahidjo au sein du Pdc de André Marie Mbida dont il fut ministre de l’éducation en 1957. Sa réputation de dur à cuire plaît à Ahidjo qui juge Charles Assalé de personnage falot et faible.

Problème, si Charles Assalé, prédécesseur au poste de Pm du Cameroun oriental était taillable et corvéable à souhait par les français qui gravitent dans l’appareil de l’état, la forte personnalité de Vincent de Paul Ahanda commence à irriter les maîtres de la Franceafrique. Au fil du temps, les esclandres se multiplient. Brusque dans ses manières, avare en hypocrisie et révulsant la courtoisie diplomatique, manifestement Vincent de Paul Ahanda n’est pas dans les petits papiers des français. Désireux d’avoir le cœur net, l’ambassadeur Jean Pierre Benard débarque sans prévenir à la Primature. Sans prendre de gant, l’ambassadeur Bénard, relais sur le terrain de Jacques Foccart et pour cela se croit tout permis, admoneste le PM Vincent de Paul Ahanda.
Généralement Ahidjo et Assalé se contentaient de baisser la tête et d’opiner du chef. Pas Vincent de Paul Ahanda. Devant l’affront, le sang ne fait qu’un tour dans la tête du fils de Ntouesson. Il se rappelle de la fessée mémorable infligée à un prêtre qui du temps de ses études au grand séminaire de Mvolyé, avait lorgné de trop près à son anatomie. Se levant prestement, il fonce vers l’ambassadeur. Flairant le danger, le français veut prendre la poudre d’escampette. L’on chuchote qu’avant l’arrivée de l’huissier de service, l’ambassadeur avait reçu quelques soufflets.
Humilié et tout honteux, celui ci jure qu’il aura la tête du PM Vincent de Paul Ahanda.

Effectivement, après seulement 5 mois d’exercice, le 20 novembre 1965, un communiqué laconique nous apprend que le PM Vincent de Paul Ahanda a démissionné de ses fonctions pour cause de maladie. Il sera nommé PCA de la société camerounaise des argiles industrielles. Il va disparaitre de la vie publique jusqu’à sa mort intervenue en 1975.

Par Henry-paul Diabate Manden

Source: Henry-paul Diabate Manden

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