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Depuis que Paul Biya a fixé la date des législatives et municipales pour le 09 février prochain, Maurice Kamto n’avait pas officiellement pris position. C’est désormais chose faite. Hier, au siège de son parti, le mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), il s’est adressé à la presse.

A l’ordre du jour, les législatives et municipales 2020. A ce sujet, le leader du Mrc a annoncé que son parti politique ne prendrait pas part à ces consultations électorales. Deux raisons fondamentales ont été avancées par Maurice Kamto pour justifier ce choix. D’abord, la crise anglophone.

« Paul Biya a convoqué le corps électoral sans avoir mis fin à la guerre civile dans les régions anglophones », a-t-il déclaré. Pour lui, participer à pareilles élections signifierait valider la partition du Cameroun, quand on sait que la guerre civile fait rage dans cette partie du Cameroun et que les conditions ne sont pas réunies pour que des élections sécures y aient lieu. « Le pouvoir donne la preuve que l’avenir du Cameroun n’intéresse pas plus Paul Biya que son maintien au pouvoir. On ne peut laisser le Cameroun entre les mains d’individus incapables de l’aimer », a martelé le leader du Mrc.

Deuxième argument, le processus électoral vicié jusqu’à la moelle. « Il n’y a au préalable pas eu révision du système électoral, après l’expérience du double scrutin de 2013 et la présidentielle de 2018 ». Maurice Kamto a ainsi rappelé qu’en 2013, aux législatives et municipales « marquées par des fraudes sauvages orchestrées par Elecam, l’administration territoriale et les différents services de l’Etat », son en est sorti meurtri.

En 2014, le Mrc a déposé au parlement une proposition de révision du code électoral qui n’a jamais prospéré. C’est donc sur la base du même système électoral que la présidentielle de 2018 a eu lieu, avec les résultats que l’on connaît tous. Malgré les appels de la communauté internationale à mettre sur pied un code électoral consensuel, le régime est resté sourd.

Kamto craint ainsi que « les mêmes causes produisent les mêmes effets », c’est-à-dire, fraudes et crise postélectorale, et préfère d’office exclure son parti de ce qu’il appelle une mascarade électorale. Il a aussi appelé les Camerounais et les partis d’opposition à ne point y prendre part.

Cependant, cette décision est lourde de conséquences. Comme lui-même l’a soutenu dans son propos, elle signifie que dans les 5 prochaines années, le Mrc n’aura aucun député et donc ne pourra pas participer à la présidentielle, vu que seuls les partis représentés au parlement peuvent présenter un candidat à la présidentielle ; à défaut de réussir à réunir 300 signatures de personnalités administratives qui sont quasiment toutes affiliées au Rdpc.
De même, le Mrc ne pourra pas avoir de conseillers municipaux, ce qui l’exclura des prochaines sénatoriales et des régionales.

Enfin, le patron du Mrc a aussi annoncé aux médias que des informations dignes de foi font état d’un projet d’élimination physique contre sa personne et de ses alliés. « Ces menaces n’ont aucun impact sur ma détermination à avoir une alternative pour le Cameroun », a-t-il dit.

Source: Emergence N°1583

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