Il a fait recours à cette disposition de la loi en 2004, pour trancher les contestations des résultats de l’élection présidentielle, proclamés en ce temps-là, par la cour suprême. La contradiction aujourd’hui, semble flagrante.

En 2004, Paul Biya remporte l’élection présidentiel avec 70,92% des voix, suivi de John Fru Ndi, 17,40%. Toute l’opposition camerounaise conteste. Maurice Kamto, alors doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Yaoundé II, décide de défendre la victoire de Paul Biya : « La Cour suprême statuant comme Conseil constitutionnel a arrêté et proclamé les résultats de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004. On en connaît le vainqueur. Exit donc la bataille des chiffres. Car, pour ceux qui sont attachés à la légalité républicaine, les décisions de cette auguste juridiction sont comme des dogmes. Non pas qu’on y puisse déceler parfois quelques scories ; mais notre système juridique pose pour principe immuable, qu’en disant le droit, la haute juridiction, tel le Pape, est habité par la grâce d’infaillibilité. C’est pourquoi, elle parle no varietur, une fois pour toutes et ce qu’elle arrête et proclame est sans recours ».

Moins de deux mois plus tard, en décembre 2004, il est fait ministre délégué auprès du ministre de la Justice. 14 ans après, comme frappé d’amnésie, Maurice Kamto refuse de reconnaître les effets de l’article 136 du Code électoral qui dispose que « Les décisions du Conseil constitutionnel relatives aux opérations électorales, aux résultats des élections et aux candidatures ne sont susceptibles d’aucun recours ». Il élabore un « plan de résistance nationale » pour contester la victoire de Paul Biya. Le 26 janvier 2019, malgré l’interdiction des pouvoirs, ses militants et sympathisants descendent dans les rues de Yaoundé, Bafoussam, Douala et Mbouda ainsi que dans les ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin.

C’est entre autres parce qu’il est soupçonné d’avoir commandité les saccages de ces ambassades et d’avoir défié l’autorité de l’Etat en organisant des marches au Cameroun que Maurice Kamto est interpellé à Douala le 28 janvier 2019 en soirée, au domicile d’Albert Ndzongang, l’un de ses soutiens, également mis aux arrêts en même temps que Paul Éric Kingue, l’artiste Valsero, Célestin Djamen, et Christian Penda Ekoka. Il leur est reproché les faits de « trouble à l’ordre public, hostilité contre la patrie, rébellion de groupe, insurrection, incitation à la révolte, perturbation de la circulation des personnes et des biens » entre autres. Leurs avocats crient au complot et contestent la compétence du tribunal militaire à juger leurs clients, des civils. Comme le Président de l’assemblée nationale (PAN) et compagnie en juillet 2018.

Source: agora-mag.net

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