Ceci est et sera mon texte le plus difficile à écrire. Je vous prie donc de le lire a tête reposée, comme je dis toujours, de le lire doucement doucement, et même de demander au besoin, a votre voisin de vous le traduire en patois, car c’est mon texte le plus honnête – écrit du fonds du cœur. Par amour. Par amour profond pour ceux qui portent la Passion de notre peuple, dans la marche vers sa libération.

Eh bien, allons-y: vous allez voir beaucoup de conflits apparaitre, beaucoup de crises, d’accusations – la diaspora a fait ceci, o, tel a mangé l’argent de cela, o, tel a volé, o, tel a trahi, o! La cause de ce désordre est simple, c’est la mauvaise conscience qui parle d’une part, comme celle de la mère qui pleure d’avoir envoyé au marché, son fils que la voiture a cogne, et d’autre part, c’est le refus de regarder la réalité en face, cette réalité-là qui est celle-ci: Maurice Kamto doit se laisser être condamne. Et quand je dis Maurice Kamto ici, je parle de tout le directoire du MRC qui est en prison. Quiconque est tacticien comprend facilement, très facilement les stratégies qui sont mises en prison, à partir de la prison pour créer le dilatoire – elles sont transparentes, même a un nourrisson, je dirais.

Elles sont ce qu’on appelle en anglais, roadblocks. Le problème cependant réside dans la trajectoire qui est devant nous, trajectoire dont l’illustration c’est bel et bien Nelson Mandela. La particularité de Nelson Mandela – métaphore que tout le monde qui veut le changement aime -, est évidemment qu’après vingt-sept ans de prison, il soit sorti victorieux de l’apartheid, et soit devenu président. Sa particularité – et cela le relie a d’autres comme Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta, etc. – est évidemment qu’il ait passe des années en prison.

Mais la particularité de Nelson Mandela aussi, et cela est essentiel pour mon argument, est qu’il a été condamne. Le 12 juin 1964, c’est-à-dire exactement aujourd’hui il y’a cinquante-cinq ans, il a été condamne à Pretoria, pour sabotage et terrorisme.

Personne ne peut obliger Paul Biya à commencer le procès de Maurice Kamto, mais la stratégie de défense de Maurice Kamto, si elle est bâtie sur sa libération et sur la libération de tous les prisonniers des 26 janvier, 1 et 8 juin, ne le sera qu’au prix de la continuation de la république carcérale dans laquelle nous vivons déjà. Ce sera une libération individuelle, et pas la libération d’un peuple.

Car la libération de Maurice Kamto, et sa non-condamnation donc, seront le cachet qu’il peut évidemment encore être candidat à l’élection présidentielle au Cameroun – c’est-à-dire sous la Constitution écrite et modifiée mille fois par Paul Biya, c’est-à-dire donc sous le système de Biya. Cela équivaudrait, pour revenir sur l’exemple de Nelson Mandela, à ce que, libère sous l’apartheid, il pourrait être candidat à la prescience de la république sous l’apartheid, car son dossier n’aurait pas été sali.

Il pourrait continuer sa carrière d’avocat cous l’apartheid, car son dossier n’aurait pas été sali. Il pourrait donc vivre sans problème sous l’apartheid car ‘on ne lui aurait pas coupe la tête.’ Vous comprenez que c’est absurde! C’est absurde, parce que c’est l’apartheid qu’il faut détruire, et autant la destruction de l’apartheid n’était pas possible avec la non-condamnation de Nelson Mandela le 12 juin 1964, autant la fin du régime bulu n’est pas possible avec la non-condamnation de Maurice Kamto aujourd’hui. Nous sommes ici véritablement à un carrefour, et le choix ne réside pas en Paul Biya, mais bel et bien dans le directoire du MRC, dans les militants du MRC, et dans le peuple camerounais qui doit choisir soit le chemin de la non-condamnation sous servitude, ou de la libération qui marquerait la fin de l’oppression de tous.

Vous comprenez que, choisir la non-condamnation a une conséquence évidente: cela voudrait dire renier quiconque se bat pour la libération de Maurice Kamto, mais de près ou de loin a contribué ou contribuerait au prolongement de son séjour en prison. Cela voudrait donc dire renier, 1) les Bamiléké, le groupe même dont 95% des détenus est constitué, ainsi que tout ce qu’ils ont comme système d’organisation dont surtout les tontines traditionnelles et réunions de village; cela voudrait dire 2) renier les Anglophones, cad tout allie tactique dans ce but commun qui est le renversement, non, la destruction du régime bulu; cela voudrait dire, 3) renier la Brigade Anti-Sardinards (BAS), et même pire, l’accuser d’avoir cause l’arrestation de Maurice Kamto comme j’ai lu ici et là; cela voudrait dire 4) renier la Campagne Je Suis Kamto (JSK), et donc toute levée de fonds que celle-ci ferait, tout mouvement et toute action que celle-ci ferait, ce qui équivaudrait a se couper littéralement de ce qu’on appelle en anglais ‘lifeline’, et donc cela voudrait dire 5) renier la diaspora dans son entier, diaspora qui, comme nous savons, est constituée pas seulement a majorité de Bamileke et d’Anglophones, mais en immense majorité de pro-Kamto. J’ai quarante-neuf ans (49!), eh oui, quelques cheveux blancs sous le menton, mais je crois que même ma fillette vous dira que 1), 2), 3) 4) et 5) sont une stratégie claire de défaite du peuple camerounais devant la tyrannie bulu.

La raison étant simple: tu ne peux pas aller dans la bataille de ta vie, en reniant tous tes amis, quand bien au contraire, ce sont ces amis-là qui font ta force, qui avaient fait ta force et qui feront ta force – et je parle ici de force de frappe. Les querelles dont j’ai parlé au début, sont l’expression de ce reniement, de cette mauvaise conscience. Je suis Bangangte, et comme chaque Bangangte, nous connaissons par cœur l’histoire de Nya Thadee – moi, de sa famille aussi. Quand on le fusillait a la Place du marché, le peuple Bangangte assemble autour des poteaux lui a dit ceci: tchun tchu me men ma.
Ce qui veut dire, tiens-toi debout et prends les balles assassines dans ta poitrine.

Semengue et sa soldatesque ont tiré en ricanant, comme ils coupaient les tètes des Bamileke et les déposaient aux carrefours en ricanant. Aujourd’hui, c’est la tête des Bulu qu’on ramasse aux carrefours dans le Noso, et les Bulu s’étouffent de haine. Leur rire est fini.

On gère.

Concierge de la république

Source https://www.cameroonweb.com/CameroonHomePage/features/Maurice-Kamto-doit-accepter-d-tre-condamn-464827

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